Actu revendicative


Mathilde, 70 ans, retraitée de la fonction publique territoriale


Mathilde a été employée pendant de 43 ans dans une collectivité locale. Militante à la CFDT, elle a choisi, non sans difficultés, de continuer à travailler, tout en élevant ses enfants.

Une situation plutôt rare à l’époque, où la famille, et la société, n’admettaient guère qu’une mère ne se consacre pas totalement à l’éducation de ses enfants. « J’ai confié la garde de mes enfants à ma grand-mère, veuve de mineur, alors âgée de 80 ans. » Pour s’occuper à son tour de cette femme, en situation de dépendance, Mathilde passe à mi-temps pendant 8 ans.

Puis, elle a besoin de « respirer un peu » et travaille alors à 80%, ce qui lui laisse du temps à consacrer à ses enfants. « Concilier vie professionnelle et familiale relevait d’un exercice sportif de haut niveau ». Mais elle ne lâche rien. Elle passe des concours pour finir cadre en toute fin de carrière : « Je cumulais beaucoup de handicaps.

Mon état de femme salariée et mère de famille appelait l’opprobre de la société ; j’étais en plus une femme militante syndicaliste ». Mathilde perçoit une retraite plutôt « confortable » mais moins élevé que celle de ses anciens collègues masculins : « J’ai la conviction que ma carrière a pâti de mes choix de vie ». Un parcours, mouvementé, « rendu possible, dit-elle, grâce au soutien de mon mari, militant aussi ».

Aujourd’hui sa retraite se partage entre vie militante, toujours engagée, vie associative, passion des voyages et de la montagne. « Le cumul de nos retraites avec mon mari nous permet cela ». Le couple s’occupe aussi, dans la mesure du possible, de ses petits-enfants.