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Maurice Berthelot : l’homme de l’énergie


Il aura fait la Résistance, démarré comme manœuvre, promu le syndicalisme et développé la CFDT au sein d’EDF, manifesté pour la paix, milité à la retraite… Aujourd’hui, il veut comme avant continuer à faire de sa vie une vie utile. Rencontre.

En 1944, il y a 70 ans… c’était la guerre. Maurice Berthelot, dit « Thilde », se retrouve dans les forêts du Morvan avec le maquis « Louis » au lieu-dit « Les Fréchots », à environ 30 kilomètres de Château-Chinon. La Résistance organisait des embuscades, minait des routes et des ponts. Puis vint la paix, chèrement et cruellement obtenue.

En 1950, après avoir occupé un emploi de manœuvre à l’usine Gaz de France à la porte de la Villette, à Paris, Maurice débute sa carrière à la Direction des études et techniques nouvelles de Gaz de France (DETN) à la Plaine Saint-Denis (93) en tant qu’aide-laborantin, chimiste, technicien de mise au point de détecteurs de fuites de gaz sur les canalisations souterraines. Après avoir suivi des cours du soir aux Arts et Métiers et dans l’entreprise, il obtient le diplôme d’ingénieur.

C’est aussi en 1950 que Maurice est élu délégué de la section CFTC. La section syndicale est transformée en syndicat et Maurice est élu secrétaire. Ce syndicat a été le premier à franchir la barre des 40 % de représentativité de la CFTC-EDF/GDF de l’époque.

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La paix en Algérie mobilise aussi Maurice avec d’autres militants. Maurice participe à de nombreux débats et actions, dont la grande et dramatique manifestation de Charonne le 8 février 1962, au cours de laquelle huit manifestants trouvèrent la mort sous les coups de la police du préfet Papon.

Maurice participe activement à l’évolution de la CFTC en CFDT, aboutissant au congrès confédéral des 6 et 7 novembre 1964… C’est toujours comme syndicaliste que Maurice mènera bon nombre d’actions. Il se souvient d’une grève de 15 jours à la DETN, en pleines vacances ; seul délégué CFTC, il prend la parole quotidiennement à côté d’un certain Pierre Bérégovoy, délégué FO. Il se rend compte qu’il a besoin de formation et se retrouve ainsi à Bierville, le centre de formation de la CFDT, plusieurs samedis et dimanches. En 1968, Maurice est sur le terrain et… sur le tonneau pour animer les assemblées des salariés de la DETN.

En 1978, Maurice prend sa retraite. Il s’installe avec son épouse à Choisy-le-Roi dans le 94. Il fallait que « je continue à faire de ma vie une vie utile », affirme-t-il.

Vie militante

Il se lance dans le développement de l’Union locale CFDT de Choisy-le-Roi, Orly, Thiais, Ablon, Villeneuve-le-Roi. Il y milite toujours, et ce, depuis 36 ans ! Maurice est élu responsable du syndicat des retraités CFDT du 94 pendant 15 ans. Il est membre du groupe des retraités CFDT d’EDF/GDF – fédération chimie-énergie, FCE pour être conforme à la dénomination actuelle – membre du conseil de l’Union départementale CFDT du 94. Il participe au groupe « Histoire » de la CFDT Île-de-France.

Maurice assure 150 heures de permanence chaque mois. Il reçoit, mensuellement, 120 visiteurs : des salariés de diverses professions, des chômeurs, des sans-papiers… Il développe la CFDT et reçoit chaque année 50 adhésions à lui tout seul !

Maurice – non, pardon, l’UL CFDT de Choisy-le-Roi – participe aux comités de quartiers, à la tenue d’un stand CFDT lors des festivités des communes, à la Journée des solidarités du 94, agit avec la Ligue des droits de l’homme, l’association Citoyenneté-Entraide-Solidarité et participe au collectif qui rédige le bulletin de l’UL.
Que d’activités CFDT dans un secteur de cette banlieue parisienne où l’implantation politique de longue date ne se retrouve pas, naturellement, dans les valeurs défendues par la CFDT !

Antoinette, son épouse, est « partie » en 2010. Une dure épreuve pour Maurice, qui l’a toujours associée à cette belle et riche vie militante. À plus de 90 ans, il est quand même permis de lui dire, à l’occasion de sa remise de la médaille du Mérite : « Bonne continuation Maurice ! »

Jean-Pierre Bobichon