Actu revendicative


Médicaments en ligne et en rayons ?


La question des médicaments revient régulièrement sur le devant de la scène. Parce que les Français sont grands consommateurs, parce que les dépenses de médicaments sont importantes, parce que des scandales émaillent l'actualité, et aussi parce que les médicaments ne sont pas un produit comme les autres. Tour d'horizon des évolutions.

Maîtrise de la consommation, recours privilégié au générique, vente de médicaments en ligne, ou en grande surface… Pour la CFDT, les problématiques autour du médicament sont bien celles de la sécurité sanitaire, de l’utilité thérapeutique.

Le remboursement d’un médicament doit être lié au service médical rendu. La recherche et les progrès doivent être au service de cet objectif. Les débats pour la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014 intégreront nécessairement la problématique « médicament ».

Le début des années 2000 avait été marqué par une croissance très soutenue des dépenses de médicaments (entre 4 et 6% par an), après une réduction significative de cette évolution au milieu de la décennie.

Pour la première fois, en 2012, les dépenses ont baissé, sous l’effet de plusieurs facteurs : les baisses tarifaires, le renforcement des mesures en faveur des médicaments génériques et la diminution des volumes prescrits. La part des génériques est passée de 71,7 % en avril 2012 à 83,6 % en décembre. Cette dynamique a permis une économie de près de 1,5 milliard d’euros en 2012.

4 000 médicaments

Depuis le 2 janvier 2013, les pharmaciens établis en France, titulaires d’une pharmacie d’officine ou gérants d’une pharmacie mutualiste ou d’une pharmacie de secours minière, peuvent vendre des médicaments sur Internet. Cette pratique est encadrée par le code de la santé publique.

Un arrêté publié au Journal officiel du 23 juin 2013 fixe les bonnes pratiques de vente de médicaments par voie électronique auxquelles doivent se conformer les pharmaciens. Il est entré en vigueur le 12 juillet dernier. Avant d’ouvrir un site de commerce en ligne de médicaments, ces pharmaciens doivent obtenir l’autorisation de l’Agence régionale de santé (ARS) dont ils dépendent.

Ils doivent aussi avoir un site transparent où toutes les informations doivent être identifiables.

Les médicaments pouvant faire l’objet de l’activité de commerce électronique sont les médicaments qui peuvent être présentés en accès direct au public en officine. Ils ont auparavant obtenu l’autorisation de mise sur le marché ou un enregistrement, comme c’est le cas de quelque 4 000 médicaments qui ne nécessitent pas d’ordonnance.

Consommation maîtrisée

Dans les pays d’Europe où il est autorisé depuis plusieurs années, le commerce en ligne représente à peine 5% de ventes de médicaments. Le manque d’enthousiasme pour la vente en ligne s’explique.

Le rapport direct entre le pharmacien et son « client » est important. Un médicament n’est pas un produit banal. À la vente en ligne sont associés des risques de contrefaçons, de consommation abusive…

En réponse à une proposition formulée par l’Autorité de la concurrence, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé que la vente de médicaments en grandes surfaces n’était « pas envisagée par le gouvernement », même pour les médicaments non soumis à prescription. La ministre est « particulièrement attentive à ce que le circuit du médicament soit sécurisé et que la consommation des médicaments soit maîtrisée ».

Marie-Solange Petit