Notre congrès 2015


Mieux vivre ensemble dans notre environnement


Ce mercredi matin le congrès a pris de la distance par rapport à son ordre du jour purement statutaire, tout en restant au cœur des préoccupations des congressistes. « Mieux vivre ensemble dans notre environnement », une thématique qui prend une nouvelle dimension alors que dans nos sociétés quatre générations parfois se côtoient.

Pour nous faire mieux appréhender toutes les dimensions et les problèmes de cette thématique, Marie-Solange Petit, après avoir rappelé quelques statistiques montrant la progression du pourcentage de seniors dans notre pays et la place qu’ils occupent dans le monde associatif et politique, a passé dans un premier temps la parole aux intervenants des Pays de la Loire pour qu’ils partagent, avec le congrès, leur expérience, avant de l’élargir géographiquement et en incluant le point de vue des jeunes.

Marie-Solange Petit

Le numéro de Fil Bleu d’après congrès rendra compte plus en détail de cette table ronde fort riche et passionnante. Gardons ici quelques points essentiels de ces contributions.

Pour Chloé Le Bail, vice-présidente du conseil régional des Pays de la Loire, « il faut arrêter de penser que les personnes âgées sont un problème ! », ce qu’un autre intervenant traduira en disant que « le vieillissement est un défi et pas un problème. »

Chloé Le Bail : Il faut arrêter de penser que les personnes âgées sont un problème.

Revendiquer… pour les autres

À partir de cela il faut imaginer une autre conception de notre vivre ensemble. Cela passe tout d’abord, à la fois par l’accompagnement des personnes qui ne peuvent pas rester chez elles et à l’opposé par une adaptation des logements sociaux et privés pour l’écrasante majorité de ceux qui souhaitent vivre et mourir chez eux, ainsi que la mise à disposition des personnels d’accompagnement nécessaires et compétents. Cela passe aussi par une amélioration du bien-vivre ensemble (transports et culture par exemple). Cela passera enfin par une autre prise en charge des relations intergénérationnelles.

Pour le professeur Gilles Berrut, patron du gérontopole de la région, il faut d’abord dissiper certains malentendus : 8 % de la population des plus de 60 % est en situation de dépendance et 17 % au-delà de 80 ans. Arrêtons de confondre le vieillissement avec la perte d’autonomie. Ensuite nous devons avoir une autre vision de l’existence humaine, en modifiant notre réflexion vis-à-vis de l’âge, et en réfléchissant à l’action du temps. Pour lui il faut lutter contre l’âgisme, rendre du sens et de la valeur aux mots de vieux. Réfléchissons avec notre âge et pas à cause de notre âge. Et modifions les modes de pensée des acteurs retraités pour qu’ils ne revendiquent pas que pour eux.

Gilles Berrut : Reconsidérons les étapes de la vie.

À côté ou ensemble

Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du réseau francophone des Villes amies des aînés, a fait partager au congrès la démarche à l’origine de ce mouvement et sa mise en œuvre, notamment à Dijon, en illustrant ces propos de nombreux exemples concrets très parlants. Dans la collectivité, il est important que le projet soit porté par le premier magistrat de sorte qu’il irrigue toutes les décisions, et qu’il repose sur une démarche participative.

Pierre-Olivier Lefebvre : Un réseau francophone de villes amies des ainés qui irrigue toutes les décisions de la vie communale.

Il restait à Cindy Pétrieux-Conley, présidente de « la Fabrique, le réseau des étudiants » à apporter le point de vue des jeunes en montrant comment la démarche pragmatique de son organisation pouvait très bien se dupliquer dans un contexte intergénérationnel. Si la vieillesse n’est pas un problème, la jeunesse ne doit pas en être un également. Mais les stéréotypes existent dans les deux sens, il faut aussi faire confiance aux jeunes. Mieux vivre ensemble, c’est vraiment faire ensemble et non pas les uns à côté des autres.

Cindy Pétrieux-Conley : Mieux vivre ensemble, c’est vraiment faire ensemble et non pas les uns à côté des autres.

Une autre vision

Après ces quatre interventions entrecoupées de nombreux applaudissements, la salle était ravie, conquise et intéressée, comme l’ont démontré les nombreuses questions déposées par les congressistes. Les retraités CFDT sont demandeurs de plus d’explications pratiques déjà prêts pour certains à revendiquer l’affiliation de leur commune au réseau RFVAA.

Le professeur Berrut est revenu à la charge dans ses réponses en rappelant qu’il fallait avoir une autre approche de l’ensemble de la vie. Après le temps du travail, nous avons en moyenne vingt-cinq ans et ensuite seulement le temps de la dépendance qui, avait – il dit précédemment, ne dure en moyenne que dix-huit mois. Reconsidérons les étapes de la vie et la place de chacun et chacune à tous les âges.
Marie-Solange Petit pour conclure provisoirement ce dossier a chaleureusement remercié les quatre intervenants qui nous ont donné chacun et chacune à leur manière, l’envie d’approfondir cette thématique.

Oui, après ce débat, nous avions une autre vision de la vieillesse et nous pourrons dire encore plus fortement que nous sommes fiers d’être des vieux…. Des vieux CFDT bien sûr. Après ce débat fort et réussi, il restait au congrès à se détendre au fil de l’eau.

Jean-Pierre Delhoménie