Notre activité


Migrants politiques, économiques, climatiques en marche vers l’insertion


L’accueil des migrants mobilise de nombreuses associations d’envergure nationale, comme le Secours populaire, la Cimade, la Croix-Rouge…, ou plus modestes au niveau des territoires. Toutes sont confrontées aux différentes étapes de l’insertion des réfugiés, hébergement, accès aux droits, apprentissage de la langue, insertion sociale, formation et emploi.

Les chemins de l’insertion sont divers et parfois buissonniers, l’un d’entre eux se nomme sport. Depuis février 2017, quelques migrants arrivés dans le bocage normand s’entraînent avec les footballeurs du club de La Ferrière-aux-Étangs. Ce sport universel constitue une échappatoire pour ces émigrés africains dont le parcours de vie est souvent complexe et douloureux. Le président de l’association de l’Accueil des réfugiés en Domfrontais le confirme : « ?Ces personnes sont régulièrement dans l’inquiétude du fait de leur statut. Notre but, à notre niveau, est d’apporter un soutien matériel et humain en partenariat avec les mairies, les bénévoles et les associations.? » Les jeunes sont désormais connus et surtout reconnus au sein du club. Deux d’entre eux ont même pris une licence après que le club les a sollicités.

L’apprentissage du français passe par le théâtre

À La Collinette, dans le sud de l’Aisne, les cours de français ont une grande place dans la vie des migrants. « Ils commencent à maîtriser la langue », précise la référente. Un signe de volonté de s’intégrer, visiblement, pour ces hommes qui ont tous terminé leur dossier de demande du statut de réfugiés. Et avec les habitants, cela ne se passe pas si mal. « Je serais tenté de dire que ça a suscité un élan de solidarité qui se poursuit encore maintenant », révèle le responsable du centre. Sans compter la mobilisation des municipalités et des associations de l’arrondissement. Les migrants peuvent fréquenter le gymnase, ils vont au théâtre et se produisent même parfois sur scène, comme dernièrement au lycée Jean-de-La-Fontaine.

Découverte de la culture française et de la laïcité

Un mois après son arrivée en pays bigouden, cette Syrienne de 26 ans découvre la culture française. Et en même temps qu’elle trouve ses marques, elle reprend espoir. « Quand je parlerai français, je terminerai mes études d’infirmière », promet-elle, fatiguée de trois années de survie sans horizon au Liban. « Au Liban, il est aussi inconcevable qu’en Syrie de vivre seule avec un enfant ». Repérée par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) comme « prioritaire pour une réinstallation », la jeune femme avait fondu en larmes quand on lui a parlé de la France pour y être accueillie… « Avec votre laïcité, je pensais que je ne pourrais plus porter mon voile », rit-elle, rassurée par son premier mois bigouden.

Les migrants sont une richesse

À l’automne 2016, l’université de Lille a accueilli 80 migrants issus de l’ex-« Jungle » de Calais. Ils étaient avocat au Soudan, vétérinaire au Pakistan, footballeur en Iran, ou mécanicien aéronautique en Érythrée… Après des cours de français intensifs, ils vont apprendre ou réapprendre un métier. « J’ai vécu deux mois dans la “Jungle”, j’y ai juste appris l’alphabet à l’école du chemin des Dunes. J’espère qu’un jour je pourrai devenir ingénieur en France, comme je l’étais au Soudan… Ce n’est pas facile, je vais devoir travailler beaucoup », explique cet étudiant de 26 ans. Ceux dont le niveau de français ne serait pas suffisant pour rejoindre une formation universitaire en septembre recommenceront une année supplémentaire de FLE (français langue étrangère) : « Ce ne seront pas les premiers étudiants à valider leur première année en deux ans... », sourit l’une des enseignantes porteuses du projet.

Nicole Chauveau

"Le français, c’est la clé pour tout, travailler, vivre normalement", parole de migrant