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« Mon engagement s’est toujours inscrit dans une démarche collective »


Au récent congrès de la CFDT Retraités, à Bordeaux, Ombretta Frache a quitté son mandat de secrétaire nationale qu’elle occupait depuis 12 ans. Entretien avec une jeune retraitée de la commission exécutive.

À l’heure où tu tournes une page du livre de ta vie militante à la CFDT, peux-tu nous expliquer les origines de ton engagement ?

Deux ou trois ans après avoir été embauchée aux Houillères de Lorraine, je cherchais à adhérer à un syndicat. J’ai rencontré un militant CFDT qui m’a parlé de son organisation et de ses valeurs. Je m’y suis retrouvée. Et j’ai adhéré au syndicat des mineurs de Lorraine. C’était en 1979.

Adhérente, puis militante, quelles sont les raisons de cette évolution ?

J’ai commencé à militer dans les mois qui ont suivi mon adhésion. Être adhérente ne me suffisait pas. J’ai demandé à participer aux réunions mensuelles du syndicat. J’ai été repérée par les responsables du syndicat qui m’ont proposé d’être défenseure prud’homale. Premier dossier : premier succès. Puis, ils m’ont sollicitée pour que je me présente aux élections. J’ai été élue déléguée du personnel, et plus tard, au comité d’établissement et au comité de bassin (l’équivalent d’un CCE).

Comment es-tu passée de militante d’un syndicat à militante chez les retraités ?

Un peu avant le congrès de Saint-Étienne de la CFDT Retraités, Michel Devacht, le secrétaire général de l’époque, cherchait à féminiser la commission exécutive. Un copain mineur, membre du bureau de l’UCR, a proposé mon nom. Michel est venu me rencontrer à Metz et m’a demandé de m’occuper du dossier Retraites. J’ai accepté et j’ai été élue pour la première fois à Saint-Étienne, en juin 2007.

Donc, dès le départ, tu as été chargée des retraites…

Oui, mais aussi du pouvoir d’achat et par la force des choses, de la fiscalité. Des dossiers qui ont pris de plus en plus d’importance au fil des ans avec notamment la demi-part pour les veuves, la CSG… Je me suis sentie à l’aise. Les cours du soir en économie au CNAM et un diplôme de gestion m’ont bien aidée.

Peux-tu nous citer quelques faits marquants concernant les dossiers que tu suivais ?

Il y a une dizaine d’années, nous étions dans l’impasse sur l’indexation des pensions. Les équipes ne comprenaient pas notre positionnement. Nous avons réalisé des argumentaires ce qui nous a permis d’obtenir l’accord de tous. J’ai ainsi contribué à poser des jalons sur l’indexation des pensions.

On ne parlait pas des inégalités hommes/femmes à la retraite. Maintenant, de plus en plus de médias les évoquent. Le travail collectif au sein de la CFDT Retraités n’y est pas étranger.

L’enquête que nous avons menée avec les équipes sur les basses pensions a eu un impact médiatique. Cette enquête a pointé les conditions de vie de certains retraités qui étaient méconnues à l’époque dans l’opinion mais aussi dans l’organisation.

Que retiens-tu de ton engagement et de ton passage à la CFDT Retraités nationale ?

À la CFDT, nous sommes une vraie richesse : nous partageons des valeurs, nos engagements. C’est encore plus vrai à la retraite. J’ai été fière de porter la voix de la CFDT Retraités auprès de la Confédération, au sein du comité des femmes de la Ferpa (fédération européenne des retraités et personnes âgées) et en représentation extérieure. Mon engagement s’est toujours inscrit dans une démarche collective. J’ai été un engrenage dans une mécanique. Et puis j’ai été ravie d’avoir connu tous ces adhérents, militants et responsables qui font la CFDT.

Propos recueillis par Jean-Pierre Druelle

Ombretta Frache à la fin du congrès de Bordeaux.