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Nous ne baissons pas la garde !


Le remaniement gouvernemental a eu deux effets immédiats : le report du projet de loi sur l’adaptation de la société française au vieillissement, et le gel des pensions de retraites… L’actualité politique de ces dernières semaines impacte durablement la vie des retraités, particulièrement des plus faibles et celle de tous ceux qui les accompagnent.

Durant son discours de politique générale, le silence de Manuel Valls a été très éloquent… Pas un mot sur la place des retraités en société. Rien non plus sur l’avenir du projet de loi sur le vieillissement et la prise en charge de la perte d’autonomie qui était sur le point d’aboutir. Quelques jours plus tard, le Premier ministre annonce le gel des pensions de retraites de base jusqu’en octobre 2015. Cette mesure est une atteinte sérieuse au pouvoir d’achat des retraités. Elle est particulièrement inacceptable pour les retraités plus modestes.

Faut-il le rappeler ? Tous les retraités ont déjà été mis à contribution par diverses mesures. Aux dispositions prises dans le cadre de la dernière réforme des retraites, au report de la revalorisation des pensions de base du 1er avril au 1er octobre, à la fiscalisation de la majoration de pension pour enfants, s’ajoute, pour 2014, le gel de pensions des retraites complémentaires. La CFDT Retraités, qui considère que ces efforts expriment la solidarité des aînés pour le redressement des déficits des régimes de retraites, s’était déjà indignée que les retraités percevant une pension inférieure au Smic net n’aient pas été protégés de la perte de pouvoir d’achat qui en résulte.

Le plan d’économie de 50 milliards d’euros de la dépense publique, détaillée par le Premier ministre, qui fait peser l’effort sur l’État (18 milliards d’euros) et les collectivités (11 milliards d’euros), repose également sur les prestations sociales. Dans ce contexte intervient la décision de Manuel Valls de décaler d’une année la revalorisation des prestations sociales, pensions de retraite de base, allocations familiales et aides au logement. Certains minima sociaux (RSA, ASS, allocation adulte handicapé, allocation de solidarité aux personnes âgées) resteront indexés sur l’inflation.

Impatience et exigence

Dans un communiqué, la CFDT Retraités rappelle son exigence de revaloriser les pensions de retraite inférieures au Smic net au rythme de l’inflation. Par ailleurs, elle s’inquiète des allégements de cotisations sociales annoncés qui peuvent déstabiliser le financement déjà précaire du système de protection sociale.

Même inquiétude concernant l’aboutissement du projet de loi sur la prise en charge de la perte d’autonomie. Alors que depuis 13 mois, Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées, avait abouti à un texte sérieux, même s’il était encore perfectible, le remaniement ministériel reporte à nouveau, dans la meilleure des hypothèses, le passage du projet de loi devant le Conseil des ministres. Le projet de loi avait été annoncé à l’ordre du jour du Conseil des ministres du 16 avril. Il n’en a rien été ! Assez de différés, de remises en cause, de tergiversations sur la prise en compte du vieillissement de la population !

Sans tarder, l’UCR a demandé une réunion de travail avec Laurence Rossignol, la nouvelle secrétaire d’État à la famille, aux personnes âgées et à l’autonomie, afin que le calendrier de la future loi soit respecté et que la Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) soit, comme prévu, dédiée dès le 1er janvier 2015 au premier volet de la loi. De même, la CFDT Retraités n’acceptera pas que le second volet du projet de loi sur les Ehpad soit abandonné.

Distribuer des tracts en grand nombre, demander audience au préfet, interpeller les élus, alerter les médias régionaux : toutes les équipes de la CFDT Retraités sont mobilisées. La situation nous impose de manifester notre impatience et d’exiger que les promesses soient tenues.

1,7 million de personnes en perte d’autonomie et leurs familles, auxquels s’ajoutent 4 millions d’aidants proches, attendent encore et toujours que le Gouvernement réponde à leurs attentes.

Ombretta Frache, Dominique Fabre et Daniel Druesne