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Les retraites complémentaires Arrco-Agirc sauvées !


Les partenaires sociaux ont conclut les négociations sur l’avenir des retraites complémentaires. Après huit mois de surplace, l’enjeu était clair : sauver les retraites complémentaires. Voir notre autre article avec le contenu de l'accord et où vous pouvez poser votre question : L'accord pour assurer l’avenir de nos retraites complémentaires

« Comment négocier un dossier sensible et compliqué où il n’y a pas de bonnes nouvelles à annoncer ? » s’inquiétait Jean-Louis Malys.

Syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) et patronat (Medef, CGPME, UPA) se sont donc remis autour de la table pour tenter de renflouer les caisses déficitaires des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres au-dessus du plafond) et Arrco (tous les salariés du privé).

Une inquiétude d’autant plus fondée que le négociateur de la CFDT sur les questions des retraites ne manquait pas de souligner la qualité du paritarisme depuis 1947, sa gestion très anticipatrice devant le double impact de la démographie : le papy-boom et l’allongement de l’espérance de vie. Même dans les périodes difficiles « on a su au cours de toutes ces années corriger des injustices : les carrières longues, la pénibilité, la période de maternité, l’apprentissage… ». Mais depuis 2009, les régimes de retraites complémentaires de salariés du privé sont dans le rouge.

Après six rencontres, les partenaires sociaux sont donc parvenus à se mettre d’accord le 16 octobre. La dernière rencontre du 30 octobre précise le texte soumis à signature. La CGT et FO refusent de signer. Les négociateurs CFDT, CFTC et CFE-CGC signent l’accord.

Revenir à la charge

« Cette négociation a été très longue et très difficile, mais j’ai le sentiment que nous sommes parvenus à trouver un terrain d’entente, résume Jean-Louis Malys. Et pour être acceptables, les efforts demandés devaient être justes et partagés entre les entreprises, les actifs et les retraités, tout en préservant les plus faibles. Les retraités les plus modestes seront protégés par une clause excluant de la contribution toutes celles et ceux qui ne sont pas soumis à la CSG.

« C’est un accord courageux, car il s’attaque au problème structurel des régimes en posant les bases d’un nouveau régime unifié. Il s’attaque aussi au problème financier afin que les jeunes générations puissent continuer à bénéficier d’un haut niveau de retraite complémentaire, ajoute Jean-Louis Malys. C’est notre responsabilité de penser aussi à ceux qui commencent à travailler. »

Les négociateurs ont pu obtenir, en toute fin de négociation, que le patronat s’engage à aborder l’emploi des seniors lors de la prochaine négociation de l’assurance chômage. « Les employeurs ne peuvent pas d’un côté exiger des salariés qu’ils travaillent plus longtemps, tout en organisant dans l’entreprise leur départ à 55 ans, s’emporte Jean-Louis Malys. Ils doivent prendre leurs responsabilités. Nous reviendrons à la charge tant que nous n’aurons pas de réponse satisfaisante. »

Jérôme Citron et Daniel Druesne

Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT en charge du dossier Retraites. (Photo Info Com CFDT)

Agirc-Arrco : le régime ne peut être en déficit

Les retraites complémentaires sont pilotées par les seuls partenaires sociaux. Elles assurent entre 30 et 65 % des pensions des retraités du privé. Le régime ne peut être en déficit. La seule marge de manœuvre vient des réserves financières jusqu’ici accumulées.

Avec la crise économique, l’arrivée des papy-boomers à la retraite et le chômage de masse, l’Agirc et l’Arrco ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d’euros en 2014. À ce rythme, les réserves, qui permettent de compenser ces pertes, seront épuisées d’ici à 2018 pour l’Agirc (cadres : 2,7 millions de retraités en 2015), en 2026 pour l’Arrco (12 millions de retraités en 2015).

Les mesures proposées dans le projet d’accord permettent de réaliser aux alentours de 6 milliards d’économies par an à partir de 2019. Ces économies proviennent notamment de la désindexation sur 3 ans des pensions (2 milliards), d’une hausse des ressources (1,8 milliard) et de la contribution de solidarité qui permettra d’économiser autour de 500 millions.