Actu revendicative


Notre évolution laïque a 40 ans


L'histoire de l'Union confédérale des retraités (UCR) épouse les contours de celle de sa confédération (CFDT). D'une certaine manière, elle la précède même, si l'on considère que l'UCR-CFDT - qui aura 60 ans en 2006 - est constituée de militants et adhérents encore nombreux à avoir été membres de la CFTC, et à avoir participé activement à l'époque (1964) à l'évolution de la CFTC en CFDT.

En 1964, une large majorité de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) décide d’être laïque et de s’appeler CFDT (Confédération française démocratique du travail.
Avant cette évolution existait l’Association française des vieux travailleurs CFTC. Depuis 1946, cette association menait une action de bienfaisance afin que la pauvreté puisse être vécue dans la dignité et c’était aux salariés à améliorer le sort de leurs aînés.

Alors que dans la CFTC les débats pour l’évolution sont intenses, des discussions apparaissent dans l’association entre les partisans de la bienfaisance et ceux qui estiment nécessaire de défendre les vieux travailleurs, selon la même démarche syndicale que les salariés, et donc de les organiser pour agir.

En 1965, les retraités décident de créer la Fédération CFDT des retraités et anciens travailleurs. Cette Fédération regroupe les anciens salariés du privé.

Au final, l’histoire de tous ces militants est bien partie prenante de celle de la Confédération et c’est déjà sous cet angle, un éclairage de notre action d’aujourd’hui !

L’évolution de l’UCR-CFDT constitue un chemin parallèle - quoique décalé dans le temps - à celui de la Confédération.

Les valeurs affirmées en 1964, sont celles reprises par la Fédération et plus encore par l’Union confédérale des retraités, créée en 1969 : démocratie, valeurs citoyennes, revendication sociale, à appréhender au prisme d’une vision globale évolutive de la société.

Dès 1974, le Bureau national confédéral vote un texte qui, en affirmant « les raisons idéologiques » d’organiser les retraités, précise que « les retraités doivent devenir les agents de leur insertion sociale, en menant dans leur situation réelle la lutte pour la transformation de la société qui en fait des marginaux sans pouvoir ».

Le chemin, pour l’UCR, est néanmoins long puisque c’est le congrès confédéral de Brest en 1979 qui préconise l’interaction entre « revendication, mobilisation et négociation » et incite les structures à défendre selon la même démarche les revendications des retraités.

C’est en 1982 - au congrès confédéral de Metz - que les retraités obtiennent le droit de vote dans la CFDT et en 1985, à Bordeaux, qu’ils prend place dans les statuts confédéraux et intègre la charte financière confédérale.
C’est la période où certains retraités avaient tendance à donner des leçons en lançant des idées, parfois frondeuses qui plus est !

Mais c’est seulement en 1996 que Nicole Notat, secrétaire générale de la CFDT, affirme que les retraités ont besoin du syndicalisme confédéré, comme la confédération a besoin des retraités : c’est à cette époque que s’est développé dans les organisations CFDT « salariés » et « retraités » le concept de réciprocité.

L’évolution se poursuit et le congrès confédéral de Lille, en 1998, lance le chantier visant à donner les mêmes droits et devoirs aux retraités, que ceux accordés aux salariés.

Les travaux engagés entre l’Unions confédérale des retraités (UCR) et la Confédération aboutiront aux évolutions prônées et votées lors des congrès respectifs de Cherbourg (2000) pour l’UCR et de Nantes (2002) pour la Confédération.

Chemins parallèles, confrontations actives, décisions décalées, mais souvent proches dans l’analyse : la lumière d’aujourd’hui est commune, mais ses sources sont diverses et lointaines !

Nos revendications actuelles ont une source ancienne, très ancienne !

En effet, c’est au congrès de Guidel en 1982 que sont lancées deux revendications toujours d’actualité :
- celle relative au minimum contributif, instauré en 1983 par le gouvernement Mauroy,
- celle liée à la prise en charge collective de la dépendance.

La première résulte des nombreuses discussions confédérales CFTC - après la Libération - autour des ressources et du pouvoir d’achat, sachant que beaucoup de personnes de plus de 65 ans travaillent encore en raison de la faiblesse des pensions. Mais dès 1967, dans le premier Bulletin du Retraité on trouve une revendication défendant une allocation nationale uniforme au moins égale au Smig.

La seconde revendication trouve sa source dans la modification de la tarification des hôpitaux psychiatriques (dont le séjour était gratuit pour certains) et la nécessité de créer d’autres établissements spécifiques aux personnes âgées dépendantes.

Mais il faudra passer par l’Allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) puis la prestation dépendance (PSD), avant d’aboutir à une prestation pleine et entière en 2002 - l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) - mise à mal par le gouvernement actuel.

Ces deux revendications sont d’ailleurs reprises en compte par la Confédération dès 1998 ce qui leur donne plus de poids et d’écho : la mobilisation intergénérationnelle montre sa force.

Le bien fondé de celles-ci permettra à l’UCR d’asseoir dès 1994 et de confirmer encore aujourd’hui sa capacité propre de mobilisation de retraités, et son attractivité auprès des salariés proches de la retraite, et l’intérêt conjoint salariés/retraités.