Notre dossier Europe


Où en est la relation France Allemagne ?


Le traité de l’Élysée fut la première étape de la réconciliation et donc de l’amitié entre la France et l’Allemagne. Il est devenu le symbole de la relation entre les deux pays, malgré les divergences. Pour renforcer les liens entre nos deux pays, un nouveau traité proposera un contenu plus ambitieux.

Le traité de l’Élysée, le traité d’amitié franco-allemande, a été signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier de la République fédérale allemande [le premier chancelier de la République fédérale allemande le 15 septembre 1949].
Les deux signataires de ce traité se sont illustrés dans la lutte contre le nazisme, ce qui n’a pas manqué de les rapprocher.

À l’origine ce traité est surtout d’une portée symbolique : il ne comporte aucun engagement contraignant et prévoit :
- une rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement au moins deux fois par an ;
- la mise en place d’un « Office franco-allemand pour la jeunesse » destiné à faciliter les rencontres et les échanges par-dessus les frontières.

L’Allemagne fédérale est alors pro-américaine, hostile à l’Union soviétique et peu incline à suivre les velléités d’indépendance de Gaulle. Le Bundestag (équivalent de notre Assemblée Nationale) recadre le traité en votant le 15 juin 1963 un préambule explicite indiquant que les objectifs primordiaux du traité sont : « une association étroite entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique » et une unification de l’Europe « en y associant le Royaume-Uni ».

Le vote de ce préambule a beaucoup fâché de Gaulle. Aujourd’hui on peut dire que ce texte, y compris le préambule voté par le Bundestag ont pris « un coup de vieux » avec le Brexit, l’élection de Trump aux USA et la fragilité politique toute récente de l’Allemagne (depuis les élections législatives du 24 septembre le pays n’a toujours pas trois mois après de gouvernement).

La politique est aussi faite de symboles

L’Allemagne, à la suite de la réunification, est devenue la première puissance économique européenne. Ses performances sont enviables et réelles en termes budgétaire, d’excédent commercial, d’emploi à tel point que chaque nouveau président français éprouve le besoin de se rendre quasiment dans les 24 heures suivant son élection à Berlin pour y faire une visite protocolaire.

Il reste que les relations entre la France et l’Allemagne sont à « géométrie variable » : divergences dans la guerre de Yougoslavie, rapprochement sur le traité de Maastricht et la monnaie unique, des différences notables et fréquentes concernant la gestion de l’euro ainsi que sur les plans de soutien aux pays en difficulté (Grèce).

Alors, comme la politique a besoin de symboles, le traité de l’Élysée est célébré. Les Parlements des deux pays viennent d’ailleurs de signer un accord de coopération qui vise à approfondir les échanges entre les Assemblées des deux pays.

Vers un nouveau traité franco-allemand ?

Le président de la République française et la chancelière allemande ont par ailleurs convenu d’élaborer un nouveau traité de l’Élysée qui fasse progresser la coopération sous quatre aspects :
- « préparer nos économies aux défis de demain » : développement durable, passage au numérique…
- « rapprocher nos sociétés et nos citoyens » avec une coopération bilatérale dans les domaines de l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture, l’enseignement réciproque des langues, les jumelages entre établissements de l’enseignement supérieur ;
- « agir conjointement en faveur de la sécurité, de la paix, du développement » avec : la lutte contre le terrorisme, la gestion des crises, l‘aide au développement ;
- « répondre aux défis de la mondialisation » : vers une économie sobre en carbone.

Une coopération franco-allemande pour améliorer le bien-être des citoyens européens

L’Union Européenne a besoin d’une bonne entente entre la France et l’Allemagne « pilier de l’intégration européenne » afin de consolider la paix, l’Etat de droit partout dans l’UE et progresser dans une convergence plus grande en matière économique et sociale.

Les discours pour utiles qu’ils soient – comme celui du président Macron à la Sorbonne le 26 septembre 2017 - ne suffiront pas. Il faut maintenant trouver les moyens concrets d’amélioration du bien-être des citoyens européens, tendre vers une meilleure convergence de développement économique et social, ne pas aggraver les coupures entre l’Ouest et l’Est de l’Europe : la coopération franco-allemande enrichie, ouverte à d’autres pays peut utilement y contribuer.

Jean-Pierre Moussy

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