Notre activité


Où en sont les espaces publics numériques ?


L’Agence nouvelle des solidarités actives et le Comité interministériel des villes définissent un EPN (espace public numérique) comme étant un lieu « équipé d’ordinateurs connectés à Internet. Un ou plusieurs animateurs accueillent et accompagnent les personnes dans l’apprentissage des outils et usages numériques. C‘est aussi un lieu où se développent des projets autour des technologies de l’information et de la communication avec des partenaires multiples ».

Les années 1980 voient l’ordinateur personnel se développer de façon fulgurante en France et les ménages s’en équiper massivement.

La décennie suivante sera celle de l’explosion d’Internet. En peu de temps, 50 % des ménages français y sont reliés.

Mais voilà ! Si la moitié du pays l’est, c’est que l’autre moitié ne l’est pas, et est alors exclue de ces nouveaux modes de communication.

Très vite des besoins émergent. D’abord ceux des personnes souhaitant disposer de ces outils mais n’ayant pas les moyens de les acquérir, tels que les jeunes démarrant dans la vie, des demandeurs d’emploi. Apparaissent parallèlement des demandes de personnes qui, prêtes à s’équiper, souhaitent au préalable se familiariser et se former à ces technologies. C’est ainsi qu’afin de faire face à une attente qui ne cesse de s’amplifier naissent les EPN.

Les espaces publics numériques : des lieux au plus près des populations locales éloignées des nouvelles technologies. (photo DR)

Lieux de proximité

La volonté apparaît très vite de faire des EPN des lieux faciles d’accès au plus près des populations locales. Plusieurs réseaux se lancent dans la création d’EPN, les programmes nationaux ministériels ou d’organismes publics, les collectivités des différents niveaux territoriaux, les associations, qui tous contribueront au maillage du territoire. C’est ainsi qu’en 2012 on dénombrera nationalement autour de 4 500 EPN.

Ces lieux conviviaux permettent d’accueillir des populations réticentes à l’égard des technologies montantes. Les raisons en sont multiples : peur de l’inconnu, changement radical d’habitudes, difficultés avec la maîtrise de la langue. Assez vite cependant la curiosité, la découverte des perspectives nouvelles, la rupture de situations d’isolement vont assurer le succès des EPN.

Face aux évolutions, un nouveau défi

Dans un contexte d’accélération du temps, des technologies de plus en plus performantes voient le jour. Les années 2000 verront par exemple se développer les smartphones, mini-ordinateurs de poche. De plus, le taux d’équipement des ménages français ne va cesser de s’accroître. En 2013, 82 % des ménages français sont raccordés à Internet.

Les EPN doivent donc désormais faire face à des sollicitations de natures différentes. Elles portent moins sur la maîtrise de l’ordinateur et beaucoup plus sur un élargissement de compétences ou sur des spécialisations comme le traitement de la photo ou la vidéo. De ce fait, un certain nombre d’EPN constatent une baisse de fréquentation et des interrogations autour de leur avenir apparaissent. Les EPN doivent désormais penser leur évolution, tout en restant vigilants à la part importante de la population – estimée de 15 à 18 % - qui reste à l’écart des évolutions technologiques. Les EPN constituent l’ultime rempart au service des laissés pour compte de la fracture numérique.

Jean-Paul Rueff

Les adhérents de la CFDT Retraités et Internet ?

Selon la dernière enquête de lectorat de Fil Bleu, 76 % des adhérents de la CFDT Retraités sont équipés d’Internet. Ils étaient 58 % en 2009. Mais seuls 42 % des plus de 85 ans sont équipés. Tout n’est donc pas joué !
Face aux intentions d’imposer le tout Internet pour les actes de la vie publique, il serait irresponsable d’ignorer pareille situation. Plus encore, Internet doit rester un lieu de liberté plutôt qu’un lieu imposé. Parmi ceux qui sont équipés, seuls 38 % - chiffre stable sur 5 ans – souhaitent recevoir des infos de la CFDT par ce canal. Ils sont donc 62 % à garder l’entière maîtrise de l’outil.
DD