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Où va la Russie de Poutine ?


L’élection présidentielle russe, était réputée gagnée d’avance. Au pouvoir depuis vingt ans, Poutine nourrit des sentiments de rancœur à l’égard du monde occidental. En 2005, il déclare : « La chute de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. »

Retour historique

Après les révélations du Rapport Krouchtchev (Congrès du PC en 1956) – qui dénonce les crimes de Staline –, vient plus tard l’ère du réformateur Gorbatchev (1985-1991) qui met en avant la « perestroïka » (restructuration) et la « glasnost » (transparence). Mais il est empêché de mettre en œuvre l’ensemble de ses réformes.
Puis, la chute du Mur de Berlin (1989), la réunification de l’Allemagne (1991), la dislocation de l’URSS (1991) continuent de secouer « l’empire ». À la suite de ces bouleversements, sont sortis de la tutelle russe : les pays baltes, la Slovaquie, la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie, la Pologne qui ont adhéré à l’Union européenne et à l’OTAN.

La Russie aujourd’hui

La Russie a une superficie de 17 millions de km2 et une population de 146 millions d’habitants (2016). Le pays – un des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale – est membre permanent du Conseil de sécurité. Il développe dans ce cadre une « diplomatie d’opposition » (Syrie).

Les principaux indicateurs économiques en janvier 2018
2015 2016 2017 (P) 2018 (P)
Croissance du PIB (en %) -2,8 -0,2 1,8 1,8
Inflation
(moyenne annuelle en %)
15,5 7,0 3,8 3,5
Dette publique
(en % du PIB)
15,9 16,3 15,6 15,0

Source : Coface

La Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) note parmi les points forts du pays : les abondantes ressources naturelles (pétrole, gaz et métaux) ; la stabilité politique ; une main-d’œuvre qualifiée ; un faible endettement public ; des réserves de change confortables ; une purge en cours du secteur bancaire. Pour les points faibles : la dépendance vis-à-vis des prix des hydrocarbures ; une démographie déclinante ; une faiblesse des infrastructures aggravée par le manque d’investissements.

Malgré les sanctions prises par l’UE et les USA depuis 2014, la Russie semble avoir repris des couleurs après le défaut de paiement de 1998 et la période d’hyperinflation (1 500 % en 1992, 300 % en 1994), quant au taux de chômage, il se situerait actuellement entre 5,5 % et 6 %. Le passage de l’économie administrée à l’économie de marché a permis à certains de se constituer des fortunes considérables et a aussi installé la corruption à un niveau élevé. Selon Transparency International, l’indice de perception de la corruption (IPC) classe la Russie au 131e rang sur 176 pays en 2016.

L’élection présidentielle de 2018

Cette élection présidentielle se déroule dans un contexte de reprise économique modérée, la réaffirmation des valeurs conservatrices et un regain de tensions : interventions militaires en Tchétchénie (1999-2000) ; en Géorgie (2008) ; en Ukraine (2014-2015) : cette dernière intervention s’est soldée par l’annexion de la Crimée par la Russie. Cette annexion fut appréciée par les Russes, mais seuls six pays l’ont reconnue : Afghanistan, Venezuela, Cuba, Nicaragua, Corée du Nord et Syrie.
La Russie apporte sur le terrain un soutien sans faille au dictateur Bachar el-Assad en Syrie, et en France affiche un clair soutien à des personnalités d’extrême droite : Poutine a reçu Philippe de Villiers en 2014, et Marine Le Pen en 2017.

Il faut donc être attentif à l’évolution de la Russie, d’autant que ce pays cherche à attirer dans sa sphère d’influence un certain nombre de pays européens dont la Hongrie, l’Autriche, la République tchèque, la Slovaquie.

Jean-Pierre Moussy

Résultats de l’élection présidentielle du 18 mars 2018

Parmi 8 candidats, Vladimir Poutine obtient, dès le premier tour, plus de 76 % des voix. Le taux de participation à cette élection est élevé : plus de 67 %.
Le candidat arrivé en second est Pavel Groudinine, soutenu par le PC, avec 12 % des voix.
Marquée par un certain nombre d’irrégularités, cette élection conforte la suprématie de Poutine qui entame ainsi son 4e mandat – 5e si l’on prend en compte l’intermède Medvedev de 2008 à 2012.
Le peuple russe, qui ne dispose pas d’alternative crédible, a choisi avec Poutine la stabilité.

Poutine