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Où vont nos déchets ultimes ?


Les Français ont pris l’habitude de déposer leurs déchets dans les poubelles appropriées selon le type de déchets. Mais savent-ils quelles destinations ils prennent ?

Nous avons tous quelques idées sur la question, en particulier pour ceux qui seront recyclés, mais quid des déchets ultimes ? Nous avons essayé de savoir où nous en sommes aujourd’hui.

En France comme dans les autres pays européens, il existe principalement deux moyens de traiter les déchets ultimes : l’incinération ou l’enfouissement. Mais si ces moyens permettent de répondre à ces questions de traitement des déchets, ils ne sont pas indemnes de problèmes environnementaux.

L’incinération

Elle permet de fournir de l’électricité ou de la chaleur. Le four de l’incinérateur produit de la fumée, laquelle passe dans un fluide, au contact de l’eau se transforme en vapeur pour alimenter un réseau de chauffage. Elle peut aussi faire tourner une turbine et en produire de l’électricité.

L’incinérateur doit parvenir à de très hautes températures pour être efficace, entre 700 et 900 °C.

Si cette méthode présente des avantages, notamment la réduction de 70 à 90 % du volume de déchets, et permet d’obtenir une énergie sans nouvelle matière première, il y a le revers de la médaille : rejet dans l’environnement de dioxine, oxyde d’azote, oxyde de soufre et métaux lourds.

L’enfouissement

Conformément à la loi du 9 juillet 1992 et depuis le 1er juillet 2002, les installations d’élimination des déchets par stockage, les centres d’enfouissement (CSDU), sont autorisées à accueillir uniquement les déchets ultimes ; ces déchets correspondent aux ordures ménagères ne pouvant être ni recyclées, ni récupérées, ni valorisées.
Pendant longtemps, l’enfouissement des déchets a été réalisé de façon précaire, sans aucune contrainte ou contrôle des différentes catégories de déchets stockés et enfouis. Les conséquences ont été des pollutions graves des sols, de l’eau et des nuisances olfactives et visuelles.

Aujourd’hui, l’enfouissement reste encore la destination finale de plus de la moitié des déchets ménagers. Cependant, les CSDU sont maintenant soumis à des normes environnementales strictes pour éviter toute pollution du milieu naturel par infiltration et pour garantir une parfaite réhabilitation du site après son exploitation.

Un contrôle permanent des barrières étanches et du traitement des lixiviats* doit être effectué. Des puits de contrôle visant la qualité de l’air sont installés. Ils servent à s’assurer que les gaz sont correctement captés et que les quantités d’émissions dans l’atmosphère et dans le sous-sol sont minimes. Toutes ces opérations doivent perdurer pendant toute l’activité du site, mais également pendant les années qui suivront la fermeture, car la production de lixiviats et de biogaz sera toujours effective.

Une nécessaire prise de conscience

La loi prévoit une réduction drastique des quantités de déchets enfouis d’ici 2025, soit -50 %. Et la Commission européenne vise à seulement 10 % l’enfouissement de déchets, il y a du boulot ! La solution passe par le recyclage, le prolongement de la durée de vie des appareils, la récupération. C’est moins de gaspillage alimentaire, de vêtements, d’objets inutiles…

Entreprises, commerciaux, citoyens consommateurs, tout le monde devra s’y mettre pour changer nos modes de vie. Il y a encore trop de sacs plastiques dans la nature même si des efforts ont été faits ces dernières années, trop d’emballages industriels de produits et pas encore assez d’efforts pour le tri par les collectivités.

Geo Goubier
* Les eaux récoltées produites par le passage des eaux de pluie à travers les déchets.

La moitié des déchets ménagers sont traités par l’enfouissement.