Notre activité


Panorama des systèmes de retraite en France et à l’étranger 1/10


La CFDT Retraités ouvre le dossier des systèmes de retraite en France et à l'étranger. En dix articles, vous trouverez les points communs et les différences liés au contexte historique, institutionnel et socio-économique spécifique à chacun des pays.

Sommaire du dossier
- Panorama des systèmes de retraite en France et à l’étranger 1/10
- Les typologies des systèmes de retraite 2/10
- Financement en répartition et financement en capitalisation 3/10
- Le financement des retraites en répartition 4/10
- La part des dépenses de retraite dans la richesse nationale 5/10
- Les âges de la retraite 6/10
- Les dispositifs de solidarité 7/10
- L’inégalité entre les femmes et les hommes face à la retraite 8/10 à paraitre vendredi 3 décembre
- Les règles d’indexation des droits en cours de carrière et des pensions liquidées 9/10 à paraitre lundi 6 décembre
- La gouvernance et le pilotage des systèmes de retraite 10/10 à paraitre mardi 7 décembre

Comme l’indique le Conseil d’orientation des retraites (COR) dans son rapport de décembre 2020, la comparaison des systèmes de retraite est un exercice délicat et doit être effectuée avec prudence. D’une part, les paramètres décrits peuvent renvoyer à des réalités différentes sous couvert de termes identiques (âge, durée d’assurance, taux plein, etc.). D’autre part, elle nécessite de tenir compte du contexte historique, institutionnel et socio-économique, par nature spécifique à chacun des pays.

Objectif et conception des systèmes de retraite

Si dans tous les pays il existe des systèmes publics de retraites, l’ambition assignée à ces systèmes diffère. Les systèmes de retraite sont une composante des systèmes de protection sociale. Historiquement, ces systèmes ont émergé et se sont organisés dans la sphère professionnelle pour couvrir le risque vieillesse.

Dans une première conception de la protection sociale, le système de retraite obligatoire public a pour ambition d’assurer à tous un niveau de vie minimal pendant la période de retraite. Cette première conception est qualifiée de beveridgienne (voir encadré). Dans une seconde conception, le système public de retraite a pour vocation de répondre par lui-même à l’aspiration à un lissage du niveau de vie et donc de garantir des pensions de retraites en rapport avec les revenus du travail perçus durant la vie active. Cette seconde conception est qualifiée de bismarckienne (voir encadré).

Des systèmes en répartition pour l’essentiel

Cette présentation contrastée de deux conceptions de la retraite publique mérite bien sûr d’être nuancée. Dans un système où l’ambition première est de garantir une retraite minimale, les pouvoirs publics peuvent aider, par le biais de la fiscalité, à la constitution d’une retraite privée, et favoriser l’émergence des régimes professionnels. Les régimes à vocation contributive peuvent, par des mécanismes de solidarité, compenser les accidents de carrière.

Quelle que soit l’ambition du système, les systèmes publics de retraites sont pour l’essentiel des systèmes en répartition. Dès lors que la répartition permet de verser aux retraités des pensions à l’instauration même du système, sans que la première génération de retraités n’ait eu à consentir un effort de cotisation préalable, il est normal, pour des raisons politiques évidentes, que la répartition ait été le plus souvent privilégiée.

Deux visions historiques de la protection sociale

Pour caractériser les systèmes de protection sociale, deux visions historiques sont souvent opposées : le modèle bismarckien, du nom du chancelier prussien Otto von Bismarck (1815-1898) et le modèle beveridgien, du nom de l’économiste et homme politique britannique William Beveridge (1879-1963).

La conception bismarckienne de la protection sociale repose sur l’activité professionnelle et s’inscrit dans une logique assurantielle et contributive : la couverture des risques sociaux compense la perte de revenu professionnel, en contrepartie des contributions prélevées sur les salaires, cogérées par les employés et les employeurs dans des caisses autonomes organisées par professions.

La conception beveridgienne repose quant à elle sur trois principes : l’universalité selon laquelle tous les travailleurs doivent bénéficier d’une couverture sociale quelle que soit leur profession ; l’uniformité par laquelle les citoyens reçoivent des prestations identiques, indépendantes des impôts qui les financent ; l’unicité en vertu de laquelle les prestations sont versées par un service public unique.

Dossier réalisé par Benoit Prince