Notre activité


Partager, utiliser en fonction de ses besoins


Inventer de nouveaux rapports de convivialité, d’autres modes de vie, de financement ne remplaceront pas le capitalisme. Mais à l’image des mutuelles, des coopératives, se créent ainsi des espaces d’une vie plus solidaire et plus conviviale.

Qu’on le veuille ou non, nos comportements sont de plus en plus virtuels. L’internet et le smartphone prennent de plus en plus de place dans notre quotidien. Que ce soit pour communiquer (texto, email, réseaux sociaux…), pour utiliser les fonctions des objets connectés (fermeture des volets, bracelets intelligents, serrures, télévisions connectés aux smartphones…) ou pour inventer de nouvelles pratiques entre individus (échange d’appartements, covoiturage…) avec de nouvelles formes de financement (prêts, troc, dons...).

Apparaît une nouvelle fonctionnalité des objets pour un usage immédiat : utiliser et non pas acheter. S’inscrire dans un site internet avec des pratiques virtuelles permet d’acheter des objets usagers sur les sites comme leboncoin.fr ou ebay.fr, en communiquant de particulier à particulier, nouvelles formes de vide-greniers. Nous pouvons aussi échanger, donner, prêter, récupérer sur le site donnons.org comme dans un marché aux puces.

Partager pour mutualiser

L’immédiateté prime, tout comme dans les sites de covoiturage.fr dont Blablacar, le plus connu. Ce site résume tous les principes de l’économie du partage dans la pratique d’un usage. Comment faire si on n’a pas de voiture et que l’on décide subitement d’aller voir un ami habitant un endroit éloigné ? Si on a accès à internet et à un téléphone, tout devient possible. On s’inscrit sur le site pour avoir accès aux offres et aux demandes de transport, dont celles des différents conducteurs qui proposent un trajet de voiture à notre convenance et un prix de participation.

Si une offre nous intéresse, on contacte le conducteur pour fixer les horaires et le lieu de rencontre. On paye virtuellement au site Blablacar.fr, qui transmet un code à l’usager que ce dernier donnera à l’arrivée au conducteur. Chaque participant a huit jours pour contester s’il y a eu un problème. Puis le conducteur sera payé par le site, après déduction des frais d’enregistrement. Une forme d’auto-stop participatif et sécurisé, lieu de rencontres égalitaires pour de nouvelles connaissances.

Les nouvelles technologies inventent de nouveaux modes de relations entre les personnes. (Photo DR)

Vers une « nouvelle société » ?

Par cette action, nous mutualisons un bien : la voiture. Nous n’achetons pas, nous utilisons un bien en échange d’une participation. Nous créons du lien en partageant notre expérience avec d’autres. Grâce au numérique, nous avons une multitude de convergences immédiates entre les différents besoins des uns et des autres.

Aujourd’hui, ces pratiques sont surtout l’apanage des jeunes générations, qu’ils soient chômeurs ou cadres. Et ils ne sont pas en panne d’imagination. Pour trouver un lieu de vacances ou pour un voyage, on regarde le site airbnb.fr et on échange son appartement, que ce soit pour partir en France ou à l’étranger. Pour le travail, on peut aussi créer des espaces mutualisés en partageant les locaux, les ordinateurs, les imprimantes.

Entre partage et collaboration, les idées fusent. Sans argent pour réaliser un projet collectif, créer une entreprise, on peut s’adresser à la plate-forme de financement participatif kissKissbankbank.com. On détaille notre projet, on explique nos motivations avec messages et photos, et si cela intéresse les personnes qui se connectent, ils envoient des dons. D’autres souhaitent plutôt s’investir dans le projet. Une « nouvelle société » ?

Danielle Rived