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« Pas de changement dans la vie des retraités » avec la fusion Agirc-Arrco


Jean-Claude Barboul, CFDT, président de la fédération Agirc-Arrco répond à nos questions.

Le régime complémentaire de retraite des salariés du secteur privé assure entre 30 et 50 % de la retraite des salariés. La gestion du régime est paritaire et il revient à l’équilibre.

Peux-tu nous décrire en quelques mots le nouveau régime unique ?

Le régime unique a pris corps au 1er janvier 2019, il a repris les opérations conduites par l’Arrco et l’Agirc. Il fait suite à la mise en œuvre des accords d’octobre 2015 et de novembre 2017.
Le régime complémentaire de retraite des salariés du secteur privé assure entre 30 et 50 % de la retraite des salariés. Il rassemble 18,7 millions de cotisants et 12,7 millions de retraités. Chaque année, le régime verse environ 80 milliards d’euros.
La gestion du régime est paritaire avec une intervention très limitée de l’État. La CFDT préside la fédération, tête de réseau du régime qui s’appuie sur 10 institutions de retraite complémentaire pour conduire les opérations de gestion.
Enfin, très récemment, le régime a retrouvé le chemin de l’équilibre après 10 années de déficits.

Quelles sont les différences avec l’Ircantec, la retraite complémentaire des agents publics non titulaires ?

La différence réside d’abord dans le champ d’application des salariés du privé pour l’Agirc-Arrco et des contractuels de l’État et des collectivités locales et hospitalières pour l’Ircantec.
La gestion est paritaire entre les organisations syndicales du public et les représentants des employeurs publics.
Historiquement, le régime était un régime de passage (on ne faisait pas carrière en tant que contractuel), c’est très différent aujourd’hui.
Le régime se distingue aussi par la présence des élus locaux en tant que cotisants du régime et par une différence sensible au niveau des cotisations au régime (pas de CEG ni de CET) et un dispositif particulier pour les praticiens hospitaliers [les médecins des hôpitaux publics ne sont pas fonctionnaires, ndlr].

Comment se passe la fusion entre l’Arrco et l’Agirc ? Cette fusion a-t-elle provoqué des retards dans les liquidations des retraites et des réversions ?

La fusion des institutions a été réalisée de manière incrémentale [point par point, ndlr]. Si la décision de principe a été prise lors de l’accord d’octobre 2015, les règles ont été déterminées par des groupes de travail qui ont exploré les sujets et formulé des propositions. L’ensemble des propositions ayant été condensé dans l’accord du 17 novembre 2017 qui est devenu le règlement du nouveau régime.
Parallèlement, nous avons préparé les aspects statutaires et organisé les fusions des institutions en profitant des assemblées générales annuelles.
La fusion n’a pas occasionné de retard ni de changement majeur dans la vie des retraités, cela tient à une préparation relativement longue et à une unification des systèmes d’information de la retraite complémentaire antérieure à la fusion.
Il faut y ajouter la constance des administrateurs sur le maintien du cap même si cette fusion n’a été validée que par trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC et CFTC).

Les retraités d’avant 2019 reçoivent toujours plusieurs retraites. Mais à présent elles ont toutes le même intitulé bancaire, ce qui peut créer de la confusion ?

C’est possible, nous avons souhaité maintenir plusieurs virements pour les retraités en cours de paiement afin de ne pas perturber leur quotidien.
À terme, il n’y aura plus qu’un seul virement avec un intitulé explicite. J’ai souvenir d’un courrier du fils d’un allocataire me disant qu’il avait du mal à comprendre que le virement sur le compte de son père décédé intitulé CIPC-A voulait dire à l’époque qu’il devait s’adresser à Malakoff Médéric devenu Malakoff Humanis aujourd’hui.

Entretien réalisé par Claude Wagner

Note : Jean-Claude Barboul est administrateur depuis 2005 des fédérations Agirc et Arrco, et de l’institution de retraite complémentaire AG2R La Mondiale Agirc-Arrco. Au sein de la CFDT, il a occupé les fonctions de secrétaire général adjoint puis de secrétaire général de la CFDT Cadres de 2013 à 2018.

Jean-Claude Barboul, CFDT, président de la fédération Agirc-Arrco