Action internationale


Pas de perspectives pour retrouver les rêves et idéaux européens


Lors de sa réélection à la présidence de la Commission européenne en juin 2009, José Manuel Barroso, s'était engagé auprès des parlementaires européens à présenter tous les ans l'état de l'Union européenne. Que retenir de ce premier discours ?

« Ayez la certitude que l’Europe fera le nécessaire pour assurer votre avenir »… a déclaré le président de la Commission. « C’est l’heure de vérité pour l’Europe. Elle doit montrer qu’elle est davantage que 27 solutions nationales. Soit nous agissons ensemble, soit nous sombrons un à un. Que nous agissions au niveau national, régional ou local, nous ne réussirons que si nous pensons européen. »

Cinq défis majeurs sont relevés :
- combattre la crise et améliorer la gouvernance économique ;
- relancer la croissance pour l’emploi ;
- construire un espace de liberté, de justice et de sécurité ;
- lancer des négociations en vue de la modernisation du budget de l’Union ;
- assumer notre part de responsabilité dans le monde.

José Manuel Barroso constate que « depuis 2008, plus de 6 millions de personnes ont perdu leur travail. Chacune d’entre elles devrait se voir offrir la possibilité de retrouver une activité… » « Les perspectives d’emploi existent » poursuit-il. L’Europe offre 4 millions de postes de travail. La Commission entend proposer un « Observatoire des postes vacants » au sein de l’Union… Nous allons créer un « passeport européen des qualifications ».

Combattre la pauvreté et l’exclusion ? « C’est l’axe principal de notre plateforme européenne contre la pauvreté. Elle regroupera les actions européennes en faveur des groupes vulnérables tels que les enfants et les personnes âgées. »

Des réactions critiques

Ce premier discours de l’état de l’Union européenne a essuyé beaucoup de critiques. Il n’a pas suffisamment brossé le diagnostic sur l’état de l’Union pour mieux construire des perspectives. Beaucoup de parlementaires s’attendaient à un discours plus politique qui aurait permis d’analyser, entre autres, les raisons de la crise de confiance de bon nombre de citoyens vis-à-vis de l’Europe et surtout d’élaborer des perspectives pour que les citoyens retrouvent les rêves et idéaux européens leur permettant de s’approprier un coin de ciel bleu dans un horizon plutôt brumeux.

L’Europe des villes et des villages

Revenant sur l’actualité, le président de la Commission européenne, rappelle que « les Européens conserveront leurs obligations et leurs droits fondamentaux, où qu’ils se rendent. Tout européen doit respecter la loi et les gouvernements doivent respecter les droits de l’homme, y compris ceux des minorités. Le racisme et la xénophobie n’ont pas leur place en Europe. »

Au niveau international, c’est notamment, « au sein du G20, enceinte dans laquelle les acteurs économiques mondiaux de premier plan relèvent des défis communs, que nous pesons déjà de tout notre poids », et que des résultats peuvent être obtenus :
- de nouveaux progrès dans la coordination économique mondiale ;
- des marchés financiers plus stables et plus responsables ;
- un accord sur la réforme des institutions financières internationales ;
- des filets de sécurité financière mondiaux plus efficaces ;
- de nouveaux progrès dans l’élaboration d’un programme de développement du G20.

A propos de l’Europe des citoyens, le président de la Commission européenne a affirmé que « ce qui importe vraiment c’est ce que les institutions apportent à la population… c’est que l’Europe change dans le quotidien de nos concitoyens. » « L’Europe ne se limite pas à Bruxelles ou à Strasbourg… L’Europe c’est vos régions, c’est vos villes, petites et grandes, vos villages… ».

Jean-Pierre Bobichon

En savoir plus

L’intégralité du discours est disponible sur le site de la Commission européenne : http://ec.europa.eu/index_fr.htm Rechercher « état de l’union » dans la partie Barroso.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, au Parlement européen