UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Philippe Lengrand, militant CFDT francilien : le syndicalisme, une formidable école


En retraite depuis peu, Philippe Lengrand est une figure familière de la CFDT en Île-de-France (IDF) depuis les années 2000.

FIL BLEU. À L’HEURE DE LA RETRAITE, QU’AS-TU APPORTÉ À LA CFDT ?

PHILIPPE LENGRAND. D’autres le diraient mieux que moi. J’ai toujours soutenu les positions confédérales, pas facile en 1995 ou en 2003. Je suis de cette génération qui a cru que la CFDT pouvait devenir le premier syndicat de France. Avec le souci d’apaiser les tensions en IDF, souvent fortes entre l’Union régionale interprofessionnelle (URI) et les Unions départementales. Et celui de travailler en étroite collaboration avec la Confédération.

Les relations fortes que j’avais avec Laurent Berger ont permis des relations saines et indispensables sur la région capitale. J’ai sans doute été un élément de stabilité sur la région qui en a toujours eu besoin.

ET QUE T’A-T-ELLE APPORTÉ ?

Beaucoup ! Elle m’a permis d’exercer peu à peu des responsabilités syndicales que jamais je n’aurais imaginées dans mon entreprise et dans l’organisation : trésorier, secrétaire général adjoint , secrétaire général.
L’école du syndicalisme est formidable. Secrétaire général de l’Union régionale IDF, première organisation CFDT en adhérents, membre du bureau national pour nir à la viceprésidence d’Action logement qui détient 20 % du parc de logement social, soit 1,2 million de logements avec 20 000 collaborateurs. Impensable pour moi à 20 ans !

QUEL A ÉTÉ LE MOTEUR DE TON ADHÉSION ET DE TON ENGAGEMENT À LA CFDT ?

Être utile, aider les autres, surtout les plus vulnérables, lutter contre les injustices, jouer un rôle dans l’entreprise, être acteur dans le domaine économique et social, trouver des solutions collectives et individuelles pour les salariés.

J’ai adhéré en 1989 à la CFDT, seul syndicat correspondant à mes valeurs : démocratie, libertés individuelles, féminisme, émancipation, laïcité, antifascisme comme on disait à l’époque. Étant ni marxiste ni communiste, impossible d’adhérer à la CGT.

QUELS SONT TES PIRES ET TES MEILLEURS SOUVENIRS ?

Les mandats exercés ont été exigeants, parfois très durs, mais je n’ai pas de mauvais souvenirs. Les bons : la victoire aux élections prud’homales en 1997 qui permet à la CFDT de prendre la présidence du Conseil de Prud’hommes de Bobigny à la CGT ! Historique dans ce département « très rouge » à l’époque. La CFDT qui devient le premier syndicat en IDF en 2013.

Une URI apaisée et forte, après un bon congrès en 2018, le projet politique immobilier Euryale Dehaynin/Crimée réussi et terminé en 2015.

QUEL REGARD PORTES-TU SUR TON PARCOURS ?

J’étais un garçon timide, un ado anxieux, se posant des questions sur ce qu’il pourrait faire mais rebelle.
D’où le syndicalisme qui a suivi, car j’ai toujours combattu l’ordre établi, le conformisme et le conservatisme. Jeune au début des années 1980, j’étais très anti-thatchérien, anti-raciste et anti-extrême droite. Ce parcours finit par la remise de la médaille de l’Ordre national du mérite par la ministre du Logement. Jamais je n’aurais pu l’espérer, j’en suis encore surpris. Cela grâce à la CFDT et à beaucoup de travail.
Il faut rattraper les études qu’on n’a pas faites.

DÉSORMAIS EN RETRAITE, QUELS SONT TES PROJETS ?

Toujours m’engager au service des autres, être utile pour la CFDT, l’intérêt général et plus globalement pour la démocratie et notre République. La Confédération, l’URI ou d’autres, tel le préfet du 93, mon département m’ont fait des propositions. À suivre.

UN DERNIER MOT ?

Le syndicalisme, c’est de l’action, de la négociation, du résultat. C’est aussi et peut-être avant tout de la camaraderie, une aventure humaine faite de rencontres avec des hommes et des femmes de tous horizons, notamment dans l’interprofessionnel, et je retiens surtout cela.

Propos recueillis par José Porceddu