UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Plaidoyer pour un vieillissement actif


Dans une délibération de son comité exécutif des 22 et 23 mars, la Confédération européenne des syndicats pointe les aspects négligés dans le débat sur le Livre vert sur le vieillissement de la population européenne. Pour la CES, le débat engagé par la Commission européenne doit prendre en compte les besoins des citoyens.

Basé sur le rapport de juin 2020 sur la démographie, le Livre vert sur le vieillissement de la population européenne de la Commission européenne vise à encadrer le débat selon une approche permettant de refléter l’impact universel du vieillissement sur toutes les générations et à toutes les étapes de la vie. Il expose notamment la rapidité et l’ampleur des changements démographiques dans notre société, les conséquences de cette évolution sur les politiques publiques, ainsi que les questions soulevées par ce phénomène.
Pour la Confédération européenne des syndicats (CES), certains éléments cruciaux du cadre général décrit par le Livre vert ne parviennent pas à saisir et à traiter les aspects importants.

Des aspects à approfondir

Aussi, la réponse de la CES au Livre vert se concentre principalement sur les aspects qui restent négligés dans le large débat sur le vieillissement :
- l’impact des déterminants socio-économiques sur le vieillissement actif et en bonne santé ;
- les disparités dans l’allongement de l’espérance de vie en tant qu’impact des inégalités socio-économiques ;
- l’impact disproportionné de la pandémie sur les personnes âgées ;
- les tendances démographiques et le défi des compétences en période de transition écologique et numérique ;
- le marché du travail et les conditions de travail : des emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour tous les âges ;
- la solidarité intergénérationnelle et l’équité entre les jeunes et les anciennes générations ;
- la productivité et les sociétés vieillissantes : une question d’investissements et de redistribution ;
- les défis de la durabilité fiscale pour une société vieillissante ; le rôle des partenaires sociaux.
La CES entend recadrer efficacement les thèmes couverts par le Livre vert dans la perspective factuelle des besoins sociétaux de la population. Dans de nombreux cas, cela impliquera non seulement un changement de point de vue politique, mais aussi une vision alternative cohérente des politiques économiques et fiscales par rapport aux tendances affirmées dans le cadre du contrôle budgétaire public adopté via les mécanismes de gouvernance économique européenne jusqu’à présent.

Les nécessaires conditions du débat

Le débat sur le vieillissement doit être lié à :
- une approche fondée sur les droits, impliquant la mise en œuvre complète et ambitieuse du pilier européen des droits sociaux dans chaque principe par le biais du plan d’action et la réalisation des priorités de la CES ;
- une approche renouvelée de la gouvernance sociale et économique de l’Union européenne (UE), basée sur le plein-emploi avec des emplois de haute qualité, une société inclusive et une augmentation des dépenses publiques et des investissements, en particulier en matière de santé publique de qualité, d’éducation et de formation, de protection sociale pour tous et d’inclusion des personnes vulnérables. Dans la phase de sortie de la crise pandémique, une attention particulière doit être accordée à la situation des personnes âgées et des jeunes, en particulier les femmes. La nouvelle gouvernance doit être basée sur la création de stimulants pour les investissements publics et privés, et de nouvelles règles révisées qui permettent aux États membres de répondre aux besoins sociétaux, le Semestre européen devrait jouer un rôle dans la mise en œuvre des politiques liées à la démographie ;
- un engagement fort des partenaires sociaux en faveur de stratégies « liées aux investissements et préventives » dans des domaines politiques et d’action clés (tels que les politiques en faveur du vieillissement actif, la politique d’éducation, la politique sociale, la politique du marché du travail, la culture d’entreprise) ;
- une politique macroéconomique de soutien à l’emploi et de réduction du chômage ;
- la (ré) intégration des chômeurs et des demandeurs d’emploi dans un emploi rémunéré ;
- la sécurisation et la création d’un enseignement et d’une formation professionnels de haute qualité ;
- la création de conditions cadres pour un meilleur équilibre vie privée - vie professionnelle ;
- l’amélioration de la protection de la santé et de l’apprentissage tout au long de la vie comme condition pour prolonger la vie professionnelle ;
- une plus grande intégration de l’âge dans l’emploi (lieux de travail adaptés à l’âge, etc.) ;
- la création d’emplois adéquats pour les personnes ayant une capacité de travail limitée ;
- la transformation des formes de travail précaires et informelles en emploi régulier ;
- une répartition équilibrée des régimes de productivité rémunérateurs par l’emploi ;
- une répartition équitable des richesses acquises par le travail.

Poser les bases d’un vieillissement en bonne santé

Le Livre vert rappelle comment « le vieillissement actif et en bonne santé consiste à promouvoir des modes de vie sains tout au long de notre vie et inclut nos habitudes de consommation et de nutrition ainsi que nos niveaux d’activité physique et sociale ».
Cependant, pour de nombreux citoyens et résidents européens, cette approche saine sur le plan physique et psychologique ne représente pas un choix viable, en raison de leur situation socio-économique. Et aussi en raison des préjugés et stéréotypes sexistes qui conduisent à sous-estimer les besoins des personnes âgées, en particulier les femmes.
Pour une approche saine du vieillissement, il est crucial de s’attaquer au problème de la discrimination fondée sur l’âge. Dans nos sociétés et sur nos marchés du travail, le vieillissement reste un terrain propice aux stéréotypes et aux préjugés négatifs, notamment dans une perspective de genre, comme c’est souvent le cas. Si l’UE est à la pointe de la promotion des droits de l’homme dans le monde, elle doit encore démontrer, dans la pratique, son engagement en faveur de l’égalité à tous les âges. L’UE doit s’engager dans un changement culturel équitable vers une approche sereine et non discriminatoire de l’âge.
Source : Délibération du comité exécutif de la CES des 22 et 23 mars 2021.

Note. Lire l’article « Promouvoir la solidarité et la responsabilité entre générations », paru dans Retraité Militant n° 2021.04 d’avril 2021.

Un engagement commun CES-Ferpa

Depuis 2012, la CES et ses affiliés, en collaboration avec le Comité des jeunes et la Fédération européenne des retraités et personnes âgées (Ferpa), se sont pleinement investis dans le développement d’un Programme relatif au vieillissement actif.
Les organisations souhaitent mettre en œuvre essentiellement des mesures préventives qui permettront aux travailleurs plus âgés de rester sur le marché du travail jusqu’à l’âge légal de la retraite et les encourageront dans cette voie, en tenant compte de la spécificité et la pénibilité de certaines professions qui nécessitent des régimes de retraite anticipée.
Les mesures prises doivent répondre aux objectifs de la solidarité intergénérationnelle, ce qui implique de lutter simultanément contre tous les obstacles potentiels empêchant les jeunes d’entrer sur le marché du travail et les travailleurs plus âgés de rester employés.
Le programme sur le vieillissement actif comprend une série d’actions qui impliquent le niveau législatif, l’amélioration des conditions de vie et de travail et l’octroi d’une plus grande efficacité aux systèmes d’éducation et de formation.

Le vieillissement actif et en bonne santé est fonction des modes de vie sains tout au long de notre vie.