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Populisme ou clientélisme ? 4/6


Et si le populisme c’était aussi du clientélisme augmenté. Regards sur Béziers et Perpignan.

Sommaire du dossier
- Populisme, un mot et des maux 1/6
- Les trois maux du populisme 2/6
- Les populismes en Europe 3/6
- Populisme ou clientélisme ? 4/6
- Le Pacte du pouvoir de vivre, un antidote au populisme 5/6
- « Le défi populiste est à prendre au sérieux » 6/6

Antonio Scurati dit que Mussolini « représente l’archétype du populiste jusqu’à nos jours, il crée un nouveau type de leadership qui ne guide pas les masses en les précédant mais en les suivant, en les reniflant avec un instinct animal, guettant leurs angoisses, leurs peurs, leurs frustrations. »

Ni Jean-Luc Mélenchon, ostentatoire, ni Marine Le Pen, en toute discrétion, n’ont su ou pu capitaliser l’agitation et les violences des gilets jaunes. Ni aux européennes ni aux municipales. Contrairement à Robert Ménard à Béziers et Louis Alliot à Perpignan. « On mise sur la connaissance du terrain, le pragmatisme et pas l’esprit politique » dit l’ex de Marine Le Pen, après avoir débauché son chef de cabinet chez les socialistes. Les notables, c’est pas nous. On fait même pas de politique.

De glissements électoraux en renoncements politiques, ces fiefs sociaux-démocrates et même un temps communiste pour Béziers ont confié le pouvoir municipal au populisme de droite. Dans ces mairies, les sections Interco défendent les personnels, leur statut, leurs conditions de travail afin de rendre un service public efficace et juste.

Et si le populisme c’était aussi du clientélisme augmenté, du clientélisme 2.0 ? On va lire Cicéron.

Béziers et Perpignan, pauvres de nous…

Trump l’incarne dans le pays le plus riche du monde. Une réponse tributaire du système électoral : Hilary Clinton a obtenu plus de suffrages que l’actuel président, élu par une majorité de grands électeurs. Trump et les Américains, ce n’est pas la même chose. Ménard et les Biterrois c’est pas pareil.

Le maire de Béziers, réélu confortablement, a refait parler de lui en prédisant que Marine Le Pen ne serait jamais Présidente. Le Rassemblement national est un obstacle pour offrir la réponse populiste que Robert Médard appelle de ses vœux.

Élu en 2014, grâce ou à cause du PS qui s’était maintenu au deuxième tour, il avait damé le pion à Louis Alliot, compagnon alors de Marine Le Pen, battu à Perpignan, grâce au désistement des socialistes en faveur du maire sortant de droite. Las, cette fois, Louis Alliot a gagné malgré le désistement de tout le monde en faveur de ce même maire.

Pour l’ex reporter sans frontière, Perpignan a été conquise parce que l’avocat a su se passer du parti familial. On peut être élu président de la République sans parti. Robert Ménard croit en la réciproque. Pour être élu il faut se présenter sans parti. La preuve : sa femme, lui et son ami Louis Alliot, capables d’incarner la colère, le dégoût, l’air du temps.

Les « gilets jaunes » ou la manifestation d’un désarroi.