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Pour éviter le gaspillage alimentaire


Un député du Nord vient de déposer un projet de loi pour obliger les grandes surfaces de plus de 1 000 m2 à donner tous leurs invendus consommables aux associations caritatives.

Un supermarché peut jeter jusqu’à 200 tonnes de produits alimentaires par an. C’est moralement et socialement insupportable. Même si de nombreux supermarchés distribuent, sur le principe du volontariat, des denrées alimentaires sous forme de conventions de partenariat avec des organisations caritatives, il semblerait qu’il y aurait encore beaucoup plus à faire. À noter que les dons des supermarchés sont défiscalisés, et considérés comme une opération de mécénat.

La Fédération du commerce et de la distribution se défend en indiquant que les supermarchés sont les premiers contributaires privés pour les dons alimentaires : 30 % des dons proviennent de ses adhérents. Soit 120 millions de repas pour l’année. Elle admet cependant qu’il y aurait encore des marges de progression à exploiter en partenariat au cas par cas.

Du côté des associations caritatives qui participent à ces collectes (certaines, pour des raisons de dignité des personnes, refusent d’en être), on se réjouit plutôt, car l’année à venir s’annonce plus difficile encore. Au Secours Populaire, on constate : « L’année dernière, nous avons été surpris d’accueillir des personnes que l’on croyait à l’abri, comme des petits commerçants, des petits chefs d’entreprise. Et plus de 150 000 jeunes ont passé notre porte. »

Comment stocker ?

Mais un problème va se poser dans l’intendance. Selon la Banque alimentaire, pour récupérer et distribuer rapidement, il faut des bénévoles et des camions et se mettre en adéquation avec la distribution. La Banque alimentaire travaille comme un magasin général. Elle doit fournir au plus vite les associations, qui donnent à leur tour aux particuliers le plus vite possible. Aux Restos du Cœur, qui ont distribué 185 tonnes l’an dernier, 85 tonnes proviennent de la « ramasse » auprès des grandes surfaces.

Les dates de péremption sont plus courtes maintenant. Il faut donc faire plus vite. À Saint Vincent de Paul on indique, comme au Secours Populaire, que les capacités de prendre plus de produits frais sont difficiles. L’idée est super, mais on n’a ni les frigos ni les congélateurs en nombre suffisant.

Georges Goubier

Ne pas confondre DLC et DLUO

Une partie des ménages occidentaux jettent des produits non consommés avant la date limite de consommation (DLC), pour cause d’achats supérieurs aux besoins (réfrigérateur trop rempli par peur de manquer), ou les jettent une fois la date limite d’utilisation optimale dépassée, par méconnaissance de la différence entre les deux types de dates. En effet, un produit peut en général être consommé au-delà de la DLUO sans risque pour la santé humaine. C’est même le cas pour certains produits quelques jours après la DLC (en 2012 en France), lorsque la chaîne du froid a été respectée.