UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Pour le droit au répit des aidants : baluchonnage, prestation de suppléance à domicile


Inspiré du modèle québécois, le baluchonnage (ou relayage à domicile) permet à un professionnel formé de remplacer temporairement un aidant familial auprès d’une personne dépendante. Le dispositif, désormais encadré, depuis 2024, par la loi en France, ouvre des perspectives pour le droit au répit, à condition de garantir aussi les droits des professionnels.

Apparu à la fin des années 1990 au Québec, le baluchonnage vise à offrir du répit aux aidants accompagnant des proches en perte d’autonomie, souvent atteints de maladies neurodégénératives comme Alzheimer. Un professionnel formé s’installe quelques jours au domicile de la personne dépendante, assurant la continuité des soins et le maintien des habitudes. Ce relais permet à l’aidant de souffler sans interrompre la qualité de l’accompagnement.

La France y a vu une réponse à l’épuisement croissant des aidants, enjeu majeur face au vieillissement de la population. Cependant, le modèle québécois s’est heurté au droit du travail français, car il implique des interventions continues de plusieurs jours.

Les réserves syndicales et les expérimentations françaises

La CFDT Santé Sociaux a exprimé des réserves face à une dérogation au droit du travail pouvant détériorer les conditions des salariés concernés. La CFDT Retraités, favorable au développement massif des possibilités de répit, insiste sur la nécessité de respecter les droits des professionnels.

Dès 2018, la France a lancé des expérimentations encadrées par la loi, permettant de déroger temporairement au Code du travail pour tester le modèle dans le respect des droits des intervenants. Ces expérimentations ont permis d’ajuster le dispositif et d’étudier son efficacité.

Une loi du 15 novembre 2024 a pérennisé la prestation de relayage à domicile, assortie de garanties pour la qualité du service et la protection des intervenants.

Ces avancées témoignent de la reconnaissance croissante du rôle des aidants et de la nécessité d’innover pour leur offrir des solutions adaptées.

Un décret pour rendre applicable le relayage

Le décret n° 2025-827 fixe un cahier des charges précisant les critères de sélection des établissements et services pouvant participer au relayage. Un intervenant professionnel unique peut remplacer un aidant familial à domicile pour une période maximale de six jours, permettant à ce dernier de bénéficier d’un temps de répit.
L’accompagnement concerne les personnes malades, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, présentant une altération des fonctions mentales, psychiques ou cognitives, ou des troubles associés à des troubles du comportement. Les proches aidants éligibles sont ceux assurant une présence constante au domicile de la personne aidée, sans nécessairement cohabiter.

Les établissements et services habilités sont conventionnés par l’agence régionale de santé (ARS) et/ou le conseil départemental pour une durée de cinq ans.

Le relayage peut réduire ou supprimer la période minimale de repos quotidien et le temps de pause du salarié, mais un repos compensateur est octroyé au relayeur. Le principe du volontariat s’applique.

Les salariés doivent être titulaires d’une certification de niveau 3 minimum et inscrits au répertoire national des certifications professionnelles. Une année d’expérience professionnelle dans l’accompagnement des personnes éligibles est exigée, ou à défaut une formation spécifique.

Enfin, le cahier des charges prévoit les modalités d’organisation des prestations, incluant l’analyse des besoins, la préparation et la réalisation de l’intervention, ainsi qu’une convention d’intervention.

[Marinette Soler