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Pour le mieux vivre à Saint-Étienne


Questions à Maurice Vincent, universitaire, économiste, adhérent à la CFDT Retraités, maire de Saint-Étienne Métropole de 2008 à 2014.

Sommaire du dossier
- Élections municipales, quels enjeux pour les retraités ?
- Tous les six ans, les élections municipales sont un rendez-vous privilégié pour tous les citoyens
- Le conseil des sages
- Cantines bio
- Au CCAS les retraités ont toute leur place
- La commune et l’exercice de la démocratie
- Pour le mieux vivre à Saint-Étienne

Vous avez été de maire de 2008 à 2014. Quelles sont les réalisations, dont vous êtes le plus fier ?

Les politiques sociales et écologiques ont été au cœur de mon action, avec des réalisations qui ont mis Saint-Étienne à l’avant-garde des villes françaises : le pass STAS (transports en commun) de 1 h 30 aller-retour à moins de 1,30 euro, les cantines scolaires 100 % bio dès 2010 avec des tarifs abordables selon le quotient familial. Le « plateau-piéton » en centre-ville, reportant à l’extérieur tout le trafic automobile. L’arrêt de l’utilisation des pesticides dans les jardins publics, etc. Le pass « loisirs seniors » à prix modique pour les personnes de plus de 60 ans a connu et connaît encore un grand succès. Enfin, la rénovation du « chaudron », le stade Geoffroy-Guichard, en refusant contre tout le monde, la construction d’un nouveau stade via un partenariat public-privé : cette décision fait aujourd’hui l’unanimité. Elle a été la moins coûteuse de toutes, a évité un massacre environnemental et préservé un site emblématique.

Comment avez-vous géré les « emprunts toxiques » et réduit le montant de la dette de Saint-Étienne ?

En 2008, Saint-Étienne cumulait crise économique et mauvaise gestion. J’ai dû faire face à une dette très élevée et composée au 2/3 d’emprunts toxiques : le combat que j’ai mené contre les banques ayant commercialisé ces produits a évité aux Stéphanois de payer une année d’impôts locaux supplémentaire. La baisse du prix de l’eau de 33 % pour revenir au prix moyen payé en France après une négociation très dure avec le concessionnaire a été une belle victoire. Mes choix budgétaires ont été dirigés vers l’environnement à travers la politique des transports, la création de plusieurs parcs urbains, la rénovation des quartiers et la cohésion sociale à travers une augmentation du budget du CCAS, le soutien aux associations, une politique très active en faveur des personnes handicapées, etc.

Comment avez-vous répondu au vieillissement de la population et au souhait des personnes âgées de demeurer dans leur logement ?

C’est une demande effectivement forte puisque l’âge moyen d’accès aux Ehpad est de 85 ans. La rénovation de quartiers anciens a permis les rénovations-adaptations de logements, même si les délais sont trop longs en raison de la complexité juridique de ces opérations. Le service municipal de portage des repas à domicile a été repensé pour bénéficier à un maximum de personnes. Enfin, la ville disposant historiquement d’une dizaine de résidences municipales, nous avons poursuivi leur transformation en Ehpad sans but lucratif, souvent en coopération avec la Mutualité de la Loire, avec la création de 45 emplois médicaux.

Quelles seraient vos préconisations pour encourager le développement durable et mener la transition environnementale pour une ville comme Saint-Étienne ?

Une politique municipale de développement durable doit porter sur les transports, la réduction de la consommation énergétique des logements et de l’éclairage public, l’accroissement des espaces piétonniers et verts, le recours aux énergies renouvelables, l’alimentation biologique, l’abandon des pesticides. Ma principale préconisation est de les renforcer, en souhaitant que les électeurs accordent une importance majeure aux décisions municipales prises en ces domaines et s’assurent de leur continuité.

Propos recueillis par Geo Goubier

Maurice Vincent, ancien maire de Saint-Étienne Métropole.