Stats et études


Pour que « solidaire » ne soit pas un vain mot


Ce dossier s'efforce de vous informer sur l'économie solidaire. Si nous ne sommes pas engagés individuellement dans ces actions, nous pouvons aussi participer avec l'épargne solidaire. Le refus de la misère, n'est-ce pas une valeur partagée par tous nos adhérents ?

« Le profit ne peut être la finalité unique de l’activité économique » c’est par ces mots que le « manifeste de l’économie solidaire » fait l’ouverture de ses dix propositions (voir article 3 de ce dossier).

Finances solidaires, commerce équitable, micro crédit, soutien professionnel dans des pays en développement, échanges locaux organisés, nous abordons tous ces aspects d’actions de solidarité dans des articles de ce dossier comme dans certains déjà publiés (commerce équitable et finances solidaires).

Sans prétendre que ces actions prendront un jour le pas sur l’économie capitaliste, force est de constater qu’elles se développent. Il n’est que de voir combien, pour le commerce équitable par exemple, les grandes surfaces alimentaires leurs font les yeux doux. D’où la nécessité de redoubler de vigilance sur tous ces termes liés à l’action solidaire. Si ce n’est pas un mal en soit de voir la grande distribution s’intéresser au commerce équitable, il est important de s’assurer qu’elle ne le détournera pas progressivement de ses objectifs.

La solidarité par la finance

L’économie solidaire permet à 800 000 personnes dans notre pays de retrouver dignité et vie descente dans des activités très diversifiées. C’est aussi l’accès à l’emploi de personnes handicapées, la protection de l’environnement, des services sociaux et culturels, l’aide à la personne, logement social, etc. L’économie solidaire, qui fait partie de l’économie sociale, ajoute des richesses au produit national, contribue à la baisse du chômage et au financement de la protection sociale.

Et puis, avec la possibilité ouverte aux salariés de souscrire à des fonds salariaux solidaires dans les plans d’épargne d’entreprise, cela permet d’envisager une croissance de cette action solidaire. Les responsables notent une progression de plus de 40% pour le premier semestre 2006.

La capacité potentielle d’investissement solidaire est impressionnante. France Active et sa société d’investissement (voir l’interview d’Edmond Maire), qui finance plus de 80% des entreprises agréées solidaires, prennent bien sûr des dispositions pour y faire face.

Vivre avec un euro par jour

Au-delà, dans le Monde, le micro crédit prend aussi de l’ampleur. Trop peu, nous dit Jacques Attali : « la pauvreté progresse bien plus vite que le micro crédit. Il faudrait multiplier par dix le niveau actuel ». Mais soyons résolument optimistes, l’ONU et la banque mondiale disent que 500 millions de personnes pourraient y accéder. Tandis que 80 millions de familles bénéficient aujourd’hui d’actions menées par le micro crédit.

Tout cela parait bien dérisoire au regard des besoins de ces quelques 1,2 milliard de personnes dans le Monde qui vivent avec moins d’un euro par jour. Mais déjà des signes montrent que les populations sont de plus en plus sensibles à cette misère. Elles refusent de la supporter comme une tare.

Des grands patrons s’interrogent, des économistes, des politologues, se demandent si le capitalisme ne doit pas se réformer, être davantage encadré. Il est profondément choquant de voir des grands patrons quitter leur entreprise, parfois mal gérée, avec un magot qui pourrait nourrir des années la population d’un pays pauvre.

D’autres heureusement sensibles et conscients que la misère actuelle dans le Monde devient une bombe à retardement s’emploient à prendre des mesures plus favorables.

Les articles de ce dossier

- Pour que « solidaire » ne soit pas un vain mot
- Le banquier des pauvres obtient le Nobel de la paix
- Le microcrédit peut-il sauver le Monde d’une catastrophe ?
- Un manifeste en faveur de l’économie solidaire
- Électriciens sans frontières