Actu revendicative


Pour une juste part des retraités


La CFDT Retraités revendique une réforme de la fiscalité qui ne peut viser les seuls retraités. Les efforts doivent être solidaires et équitablement partagés entre tous.

La Cour des comptes évalue à 11,7 milliards d’euros les niches fiscales et sociales propres aux retraités. Certaines opèrent des redistributions à l’envers. D’autres ciblent les plus modestes et relèvent de la redistribution.

La CFDT Retraités encourage toutes formes de redéploiements, à condition d’épargner les plus modestes et d’assurer de meilleures solidarités. Par exemple, l’exonération sur le revenu des majorations de pensions pour les parents de trois enfants et plus, représente un avantage fiscal de 800 euros pour les plus hautes retraites. À peine quelques euros pour les plus basses.

À lui seul, le critère de l’âge conduit à des discriminations. Deux exemples : l’abattement accordé aux personnes âgées de condition modeste bénéficie à quelque 1,5 million de foyers de retraités les plus défavorisés, mais la grande majorité n’est de toute façon pas imposable.

La condition de l’âge introduit une inégalité entre deux retraités aux revenus comparables mais d’âge différent, entre retraités modestes et salariés modestes. Les particuliers employeurs de plus de 70 ans sont exonérés de cotisations sociales patronales, quel que soit leur revenu. Le critère d’âge engendre ici une solidarité à l’envers, avantageant les riches.

Des efforts solidaires et équitablement partagés

Les retraités ne sont pas des nantis et leurs situations restent très disparates. Les 20% des retraités les plus aisés disposent de 4,5 fois plus de revenus que les 20% les plus modestes. Les situations de pauvreté commencent à se multiplier. Les inégalités entre hommes et femmes, entre « jeunes » et « anciens » retraités ont la dent dure. En réalité, les inégalités intragénérationnelles sont plus importantes que les inégalités intergénérationnelles.

« Tous les revenus, et en particulier ceux de placements et du patrimoine, doivent être soumis à l’impôt dans les mêmes conditions que les revenus du travail ou de remplacement. » (congrès confédéral de Tours). À l’évidence, les efforts ne peuvent qu’être que solidaires et équitablement partagés.

Ombretta Frache