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Pourquoi pas « prendre les eaux » ?


Si, dans l’Antiquité, les thermes étaient des lieux emblématiques de la civilisation romaine, aujourd’hui, les eaux thermales sont utilisées à des fins thérapeutiques.

Déjà, les Romains aimaient se rendre, soit par souci d’hygiène, soit pour se retrouver et discuter, dans les thermes (thermes publics ou parfois même privés) dans de riches demeures patriciennes. Ils passaient ainsi successivement dans le caldarium (bain chaud), le tepidarium (bain tiède) enfin dans le frigidarium (bain froid).
Dans la suite des temps, les eaux thermales – qui puisent leurs origines dans les profondeurs de la terre et s’enrichissent au cours de leur cheminement vers la surface de propriétés chimiques et d’oligo-éléments – seront utilisées à des fins thérapeutiques.

Une mode sous le Premier empire

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des personnalités, comme la Marquise de Sévigné ou Talleyrand, prennent l’habitude de soigner leurs diverses maladies dans les stations thermales. Sous le Premier empire, aller prendre les eaux devient une mode. Mais c’est autour de 1850 que le thermalisme prend réellement son envol, sous l’impulsion notamment de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.
Aujourd’hui, en France, 1 200 sources ont reçu une autorisation d’exploitation par le ministère de la Santé. Ces eaux aux propriétés spécifiques à chaque indication thérapeutique sont situées, à 95 % dans les régions montagneuses : Vosges, Jura, Savoie, Alpes, Pyrénées, Massif central et Bassin aquitain.

Leur classification repose sur les sels minéraux qu’elles contiennent et se répartit en groupes :

Les eaux sulfurées ont un taux élevé en soufre qui exerce une action curative sur les muqueuses, lieu de développement des infections chroniques. Elles sont utilisées pour lutter contre les maladies des voies respiratoires (rhinites, otites, asthme, bronchites).

Les eaux sulfatées sont conseillées dans les affections du rein, elles sont aussi conseillées pour le traitement des eczémas, des séquelles et cicatrices de brûlure.
Les eaux chlorurées, où prédomine le chlorure de sodium, ont un effet stimulant sur la croissance et sont indiquées dans le traitement des troubles du développement et de l’énurésie.

Les eaux bicarbonatées ont pour élément le bicarbonate. Elles facilitent le traitement de certaines affections gastro-intestinales et hépato-biliaires. Elles régularisent la motricité du tube digestif, atténuent les spasmes digestifs et ont également une action cicatrisante sur la muqueuse intestinale.

Les eaux à minéralisation spéciale sont riches en cuivre, fer ou arsenic. Les eaux contenant du cuivre sont indiquées en dermatologie, celles contenant du fer le sont dans certains traitements de l’anémie, celles contenant de l’arsenic dans toutes les allergies. De façon générale, ces eaux renforcent le système immunitaire.
On compte aujourd’hui 108 stations thermales en France auxquelles il faudrait ajouter les nombreux centres de thalassothérapie, de balnéothérapie… Si on ne prend en compte que les assurés sociaux ayant suivi une cure de 18 jours sur prescription médicale, le site www.medecinethermale.fr cite pour l’année 2017 les chiffres de 599 206 curistes et de 10 785 708 journées. Ainsi, les eaux thermales présentent toujours un grand attrait auprès de la population.

Annie Kuhnmunch

Classification des eauxCompositionLocalisation
Eaux sulfurées Sulfures et hydrogène sulfuré Pyrénées (zone axiale)
Eaux sulfatées Sulfates prépondérants Pyrénées nord, Alpes, Vosges
Eaux chlorurées Chlorures prépondérants Pyrénées nord, Alpes, Jura, Savoie
Eaux bicarbonatées Bicarbonates prépondérants Massif central
Eaux comportant des oligo-éléments Faiblement minéralisées Bassin aquitain
Eaux caractérisées par un élément rare Arsenic, fer, cuivre, sélénium Massif central
À Plombières-les-Bains, le thermalisme prend son envol avec Napoléon III