UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Propos sur la « leçon économique » du Medef


Deux documents, émis par le Front économique et l’Institut de l’entreprise avec Rexecode, éclairent sur les intentions du Medef.

Moins d’intervention de l’État en est, sans surprise, le caractère dominant. Il est proposé de réduire de 1,5 million le nombre d’agents publics, de supprimer 20 385 collectivités locales, d’abaisser à 12 l’effectif des ministres. Deux sujets sont prégnants : la réduction du coût du travail (comprendre la baisse des charges des entreprises) et la question des retraites.

Où se trouve la nouveauté ?

La réduction du coût du travail passe, pour le Medef, par un transfert des charges sociales des employeurs (branches famille et maladie) sur la TVA, de l’ordre de 30 à 50 milliards. Trois scénarios distincts sont envisagés et, curieusement, chacun d’eux aboutit lors de la phase de court terme (3 ans) à une baisse du PIB : curieuse proposition de réforme !

La question des retraites est largement développée : on retrouve l’habituelle retraite par capitalisation, le développement de l’actionnariat salarié, le maintien de la retraite à 64 ans (voire au-delà), l’extension de la période de référence des 25 meilleures années aux 30 ou 35, le gel ou l’indexation moindre des pensions, l’ajustement de la fiscalité des retraités.

Dans tout cela on a bien du mal à découvrir où se trouve la nouveauté, sans compter que les comparaisons avec l’Allemagne ont leurs limites : le constat que le taux d’emploi des 60-64 ans y est plus important (66,8 %) qu’en France (42,4 %) ne dit rien sur la manière dont les entreprises devraient s’impliquer concrètement pour en modifier la tendance.

Pour le syndicalisme

Les questions économiques qui intéressent le syndicalisme – répartition des richesses, transition climatique et énergétique, lutte contre les inégalités – ne sont quasiment pas abordées dans les textes du patronat. Ce qui démontre que l’économie reflète des choix politiques.

Ces documents sont présentés comme des pièces de doctrine dont les destinataires privilégiés sont surtout les entreprises et l’État. Les salariés sont vus comme des agrégats, tandis que l’emploi n’est abordé que sur le plan quantitatif, nullement sur celui des conditions de travail et des compétences requises pour assurer les transitions, notamment dans un certain nombre de secteurs en mouvement (automobile, défense, agriculture, services).

Pour sa part, le syndicalisme CFDT est marqué par le souci de l’intérêt général et non par une approche corporatiste ou catégorielle. Il s’appuie, à tous les niveaux, sur l’intégration d’une répartition différente des pouvoirs, y compris au sein des entreprises. Il est notamment curieux de toujours s’en référer à l’Allemagne en oubliant, au passage, la codétermination, laquelle implique de prendre en compte la situation des salariés dans la gestion des entreprises.

Ce débat d’idées sur les choix économiques doit se poursuivre à la CFDT en faisant le lien avec les questions sociales et environnementales.

[Jean-Pierre Moussy

Source : www.institut-entreprise.fr

Les aides aux entreprises étrangement oubliées

On ne peut s’empêcher de noter le silence des auteurs sur la question des aides aux entreprises. Le Sénat, en juillet, a publié ses estimations qui s’élèvent à 211 milliards pour 2023. Ces sommes sont considérables.
Autre sujet passé sous silence : la baisse continue de la fiscalité des entreprises. Pour mémoire : -50 % en 1985 ; -28 % en 2018 ; -25 % en 2022. À ce stade, force est de constater que le totem de la politique de l’offre, c’est-à-dire de soutien aux entreprises, comporte des répercussions négatives sur la gestion des finances publiques.