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Propositions syndicales alternatives pour l’Europe


La crise venue des USA s'est transformée en Europe en une crise de l'endettement public et privé conduisant à douter de l'euro. Trois pays de la zone euro, la Grèce, l'Irlande et le Portugal représentant chacun une faible part du PIB de cette zone ont dû faire appel à une aide conjointe de l'UE (pour les 2/3) et du FMI (pour un tiers). Ces plans n'ont produit que de l'austérité et du chômage…

Pour faire face à la crise, les recettes utilisées par la « troïka » (la Commission européenne, la Banque centrale et le Fonds monétaire international) sont marquées par un libéralisme « pur sucre » qui provoquent des coupes sévères dans la fonction publique, les prestations sociales, la réglementation du travail et des programmes de privatisation.

La nécessité de revenir à une saine gestion des finances publiques n’est pas en cause. Mais les remèdes utilisés et les délais prévus ne sont pas adaptés. Ils sont injustes socialement, contournent les partenaires sociaux et conduisent fréquemment à une instabilité politique.

Ces mesures ont des effets néfastes sur la croissance et souvent sur le déficit public et la dette publique qu’ils sont pourtant censés corriger. Le chômage s’est aggravé dans les trois pays concernés :

Irlande Grèce Portugal
2008 6,3 7,7 9,5 (2009)
2012 14,8 23,8 13,4

Vers une nouvelle gouvernance économique et monétaire ?

L’Union européenne et la zone euro ont fini par mettre en place des mécanismes de solidarité mais avec une lenteur telle que les effets positifs escomptés n’ont pas toujours été aux rendez-vous.

Les institutions européennes prennent alors conscience qu’un nouveau cadre est nécessaire. Les propositions du président du Conseil européen, M. Van Rompuy, se caractérisent par davantage d’intégration sur « le cadre financier », le « cadre budgétaire », le « cadre de politique économique », la « légitimité démocratique ».

Sur ce projet la Confédération européenne des syndicats souligne l’extrême discrétion concernant la dimension sociale et réclame une véritable gouvernance sociale européenne qui devrait s’appuyer sur quatre axes : des droits sociaux fondamentaux, une protection sociale renforcée, la démocratie sociale, des services publics et d’intérêt général préservés et améliorés.

Le DGB présente son « plan Marshall pour l’Europe »

La confédération allemande des syndicats (DGB) propose : « un plan Marshall pour l’Europe » (décembre 2012). Il s’agit de propositions ambitieuses sur les objectifs (créer un « Fonds d’avenir européen » dont les recettes seraient fournies par une taxe sur les transactions financières avec une assiette élargie qui pourrait émettre des emprunts), comme sur les moyens financiers (260 milliards d’euros par an répartis entre 160 milliards d’investissements et 100 milliards distribués pour des investissements privés sous forme de crédit bon marché à 10 ans.)

Les principes directeurs de ces propositions sont de créer des emplois qualifiés, de relever les défis écologiques, sociaux et démographiques, d’être indépendant de la conjoncture, solide sur le plan financier et d’assurer la juste répartition des moyens.

Les effets attendus : Une impulsion de croissance de 400 milliards par an (3% du PIB de l’UE 2011) ; des recettes fiscales supplémentaires de 104 milliards ; des impacts sur l’emploi (sur le « long terme » de 9 à 11 millions de nouveaux emplois).

Le contrat social pour l’Europe de la CES

Les propositions du DGB enrichissent le « contrat social pour l’Europe » adopté en juin 2012 par la Confédération européenne des syndicats dans lequel elle souhaite donner la priorité aux investissements dans les infrastructures durables, la recherche-développement, la technologie climatique et les ressources renouvelables.

Ces démarches recoupent celles de la CFDT qui a toujours voulu faire le lien entre l’économique et le social, entre le court et le long terme. Dans l’ambiance dominante de l’austérité en Europe, il faut insister fortement sur les exigences de solidarité et de progrès social portées par le mouvement syndical.

Jean-Pierre Moussy
Des mesures néfastes qui ont triplé le chômage en Grèce. (Photo Daniel Druesne)