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Quand l’eau c’est la mort !


Le 6e Forum mondial de l’eau de Marseille est l’occasion de dresser un état des lieux de la situation mondiale, entre optimisme affiché des instances internationales et alarmes des associations environnementales.

L’eau, considérée comme l’élément primordial de la vie, peut parallèlement se transformer en redoutable tueuse, notamment du fait de négligence humaine. Alors que tous les moyens de la rendre potable existent, nombre d’habitants de la planète, au premier rang desquels les enfants, meurent, victimes de la mauvaise qualité de l’eau qu’ils consomment ou de sa raréfaction.

Regarder les chiffres liés à ce sujet donne le vertige, même si les organismes internationaux (Onu, OMS, Unicef) affichent avoir rempli l’objectif prévu pour 2015 de donner accès à 88 % des habitants (6,1 milliards de personnes) « à des sources améliorées d’eau potable ». Une déclaration qui peut difficilement être étayée de données fiables en l’absence d’indicateurs précis sur la qualité de l’eau à l’échelle mondiale.

En fait, les éléments attestant d’un bilan peu glorieux se multiplient. Ainsi pour Aquafed, qui recouvre les opérateurs privés des services de l’eau, « plus de la moitié de la population mondiale – entre 3 et 4 milliards – n’a pas accès à l’eau de façon pérenne et utilise tous les jours une eau de qualité douteuse ». Les organismes internationaux, si optimistes, reconnaissent eux-mêmes qu’au moins 800 millions de personnes ne bénéficiaient pas d’eau potable et que 2,5 milliards sont dépourvues d’installations sanitaires de base. Un fléau pire que la guerre et le Sida.

Chaque minute, sept personnes

Si les pays pauvres concentrent le plus grand nombre de victimes, les pays aux développements industriels ou agricoles irraisonnés enregistrent eux aussi des conséquences dramatiques. Les causes de pollution de l’eau sont multiples : rejets industriels (métaux lourds, hydrocarbures, acides, solvants), agricoles (engrais azotés, pesticides), domestiques (détergents, phosphates), pollution organique liée à une carence sanitaire (réseaux d’égouts, toilettes). Ensemble, ils concourent à une dégradation de la situation mondiale.

Fleuves, rivières, lacs ou encore mers tous sont touchés. Ainsi les grands lacs ou les mers intérieures le sont particulièrement, que ce soit en Afrique, aux États-Unis ou encore en Europe de l’Est.

Face à la gravité de la situation, engagements de toutes sortes et déclarations de bonnes intentions se multiplient. Mais au-delà de toutes les promesses, sept personnes meurent dans le monde à chaque minute pour cause d’eau insalubre.

Jean-Paul Rueff

Entre 3 et 4 milliards de personnes utilisent tous les jours une eau de qualité douteuse. (Photo Fotolia)

Les dix lieux les plus pollués de la planète

En 2013, une étude du Blacksmith Institute a tenté de déterminer les dix lieux les plus pollués de la planète. L’état de l’eau y occupe une place majeure. Parmi les sites repérés, figurent le fleuve Citarum en Indonésie, déversoir de rejets industriels massifs, le delta du Niger, réceptacle d’une exploitation pétrolière outrancière, Hazaribagh au Bangladesh qui concentre les eaux infectées des produits toxiques des tanneries, la ville de Dzershinsk en Russie à l’eau hautement contaminée sous l’effet de déchets toxiques, ou encore le bassin de la rivière Matanza Riachuelo en Argentine investi de milliers d’usines.