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Quand le cinéma interpelle nos modes de vie


Ces derniers temps le cinéma nous oblige à changer de regard. La personne handicapée, le malade, le vieillard ne sont plus les faire valoir du héros. Ils deviennent héros eux-mêmes.

« Intouchables » comédie d’Eric Toledano et d’Olivier Nakache est devenu le film français le plus vu dans le monde. Plus de 23 millions d’entrées. Un riche aristocrate blanc et cultivé (François Cluzet), devenu par accident paraplégique, engage un jeune de banlieue, noir, et d’une autre éducation (Omar Sy). Ce film n’en finit pas d’avoir du succès.

Il a provoqué des polémiques : « Peut-on rire de tout ? » Il a aussi donné lieu à de nombreux débats sur « la sensibilisation des valides au vivre-ensemble ». Des enseignants ont organisé des animations autour du handicap (le toucher, la vue, la mobilité…).

Des associations se sont mobilisées. Un festival du film « Cinéma et handicap » a vu le jour. Le film a accéléré le plan de mise aux normes des salles de cinéma pour les personnes handicapées (rampe d’accès, ascenseur, mesures visuelles, auditives…) qui sert également aux familles avec poussettes et aux personnes vieillissantes.

Observatoire du suicide

Autre sujet d’actualité : A-t-on le droit de choisir sa fin de vie ? Le film « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé avec, comme acteurs, Vincent Lindon (le fils) et Hélène Vincent (la mère) évoque les derniers moments d’une femme malade qui a choisi de recourir à une mort assistée en Suisse et sa relation conflictuelle avec son fils qui sort de prison. Ce film n’est pas un documentaire. Il fait davantage appel à nos émotions qu’à notre intellect. Mais il décrit fidèlement le protocole de suicide assisté appliqué en Suisse.

Autrefois le problème ne se posait pas. On mourrait à la maison, plus ou moins aidé par le médecin de famille. Sachant que les progrès de la médecine nous permettent à la fois la connaissance de notre maladie et le maintien dans une vie avec de graves pathologies, quelles responsabilités morales, éthiques, sociales peuvent endosser le médecin, la famille, le malade ? Le médecin doit-il être plus actif ? La famille doit-elle soutenir le malade dans ses choix ? Peut-on aller plus loin ?

Une commission sur la fin de vie vient de se mettre en place. Déjà deux livres retiennent notre attention. « La dernière leçon » de Noëlle Chatelet : sa mère a choisi les moyens et l’heure de sa mort douce. Et celui Emmanuel Hirsh « Apprendre à mourir » qui, au nom de la démocratie sanitaire donne sens à l’accompagnement en fin de vie lorsque la médecine a déclaré forfait. La CFDT a signé l’appel pour un observatoire du suicide et des conduites suicidaires. Elle prendra toute sa place dans les débats.

Danielle Rived

Euthanasie ou suicide ?

Le suicide des seniors est un problème de santé encore mal pris en compte. Sur les 10 330 suicides enregistrés en France en 2010, près de 30 % concernaient les plus de 65 ans. Et les hommes de plus de 85 ans se suppriment quatre fois plus que la moyenne. Les sentiments de solitude et de précarité sont souvent deux facteurs déterminants.