Notre activité


Quand les livres donnent de la voix


Rompre l'isolement des personnes atteintes de troubles visuels ou moteurs en mettant à leur disposition des enregistrements réalisés à leur intention pouvait relever de la gageure. La Bibliothèque sonore l'a fait.

Pour lire, Antoine a utilisé une loupe. Puis une plus grosse. Puis un télé-agrandisseur. Peu à peu il s’est renfermé.

Pour Marie c’est venu tout d’un coup à l’âge de 40 ans : « Je ne voyais plus rien. Et pas la peine à cet âge de vouloir apprendre le braille. C’est beaucoup trop tard ! »

Depuis 12 ans, Thérèse a recours aux services de la Bibliothèque sonore de Quimper pour le Finistère de l’Association des Donneurs de voix : « J’ai échappé au marasme et peut-être à la dépression qui pouvaient me guetter à cause de l’impossibilité de lire moi-même. J’ai tout de suite apprécié la qualité, la rapidité, la gratuité de ce service. »

De leur côté Bernard et Yvonne prêtent leur voix pour les enregistrements. « Quand nous lisons des livres, nous savons que nous offrons un plaisir aux lecteurs. Et c’est très important. »

A la Bibliothèque sonore (1) se croisent des bénévoles qui donnent de leur temps une fois par semaine. Cette équipe d’animation reçoit, expédie, gère, répare les audio-livres. Les Donneurs de voix enregistrent chez eux selon une architecture bien précise sur ordinateur.

Mais la présence des 323 « audio-lecteurs » répartis sur 128 communes du Finistère est partout. En 2010, 5 369 audio-livres ainsi que les audio-revues Géo, Armen et Historia ont été échangées. Au 1er trimestre 2011, de nouveaux magazines seront proposés : Notre temps, Sciences et avenir, 60 millions de consommateurs.

L’impatience du facteur

Selon Brigitte Guenec, présidente de l’association et adhérente à la CFDT Retraités, « 75 % des adhérents à la bibliothèque sonore du Finistère ont 75 ans et plus. Beaucoup sont des femmes qui ne touchent qu’une pension de réversion.

Avant de connaître la Bibliothèque sonore, beaucoup de nos audio-lecteurs nous ont avoué ne plus vouloir sortir de chez eux car ils ne trouvaient plus de sujet de conversation. Petit à petit, ils commençaient à se laisser aller. »

Et Brigitte de poursuivre : « Redonner le moral et la joie de vivre à nos audio-lecteurs leur permet de trouver un équilibre psychique. Les enfants et petits-enfants sont souvent étonnés de voir nos audio-lecteurs manier leur appareil de lecture enregistrée avec autant de précision. »

Antoine confirme : « C’est vraiment une aventure nouvelle, j’ai repris goût à la vie, et j’attends avec impatience l’arrivée du facteur. D’ailleurs maintenant qu’il me connaît mieux nous discutons souvent car j’ai demandé à recevoir les audio-revues Géo et Armen. Et lui les voyages, il en fait aussi souvent qu’il le peut. »

Daniel Druesne

(1) 60 avenue J. le Viol à Quimper. Le mardi et le jeudi de 14 à 17 h. Tél. : 02 98 90 38 96

120 bibliothèques sonores

En 1972, Charles-Paul Wannebroucq, médecin ophtalmologiste, crée à Lille la première bibliothèque mettant à disposition des aveugles et des malvoyants des livres enregistrés sur cassettes.
D’autres suivirent à Paris, Bordeaux, Toulouse… On en compte cent vingt aujourd’hui. L’association, reconnue d’utilité publique en 1977, compte 4 600 bénévoles. Elle vient en aide gratuitement à 15 000 personnes aveugles et malvoyantes (depuis 2010 aux handicapés moteurs de 80% sous certaines conditions) auxquelles elle offre un catalogue de plus de 350 000 ouvrages enregistrés. Des grands classiques aux ouvrages contemporains.
Ces ouvrages, sur support CD au format MP3 sont livrés à domicile, en franchise postale A/R. Inscription à la Bibliothèque sonore de votre région ou sur le site www.advbs.fr

Marie-Paule, une bénévole malvoyante, Jacques, le trésorier, et Brigitte, la présidente, participent tous les ans à la journée des associations de Quimper.