Action internationale


Quelles retraites sur les bords de la Méditerranée ?


A l'occasion du 20e anniversaire de la Fédération nationale des travailleurs retraités algériens (FNTR-UGTA) ses membres ont étudié les systèmes de retraite en Europe et dans les pays arabes. Confrontations et comparaisons entre des retraités européens et arabes.

« Comment permettre de mieux apprécier les conquêtes sociales arrachées par les syndicats européens, spécialement au profit des jeunes fédérations arabes ? » L’enjeu de cette rencontre est de taille pour Boukris Smail, secrétaire fédéral de la FNTR et secrétaire général adjoint de la FTRA (Fédération des travailleurs retraités arabes).

« Malheureusement, regrette-t-il, les syndicats de Tunisie, de Libye, d’Egypte, du Liban, de Syrie, du Yémen, de Bahreïn, de la Palestine (son représentant a été empêché de sortir hors des frontières) n’ont pu se déplacer ». Mais le Maroc, la Jordanie, le Soudan, le Koweït et l’Italie sont là. Et pour la France, Michel Devacht et Dominique Fabre représentent la CFDT Retraités.

Depuis 20 ans, la FNTR-UGTA se bat sur le front des retraites. Le 15 mai 1992 au congrès de Tipaza, elle mettait en œuvre la circulaire générale d’application des lois de la sécurité sociale. Cela a, par exemple, permis de relancer en 1992 l’obligation de revalorisation annuelle des retraites promulguée en 1983 soit neuf années auparavant et jamais appliquée !

Une donnée à apprécier

Depuis 1992, les principales conquêtes sociales obtenues par la FNTR-UGTA sont nombreuses et conséquentes. Le minimum de pension est passé de 3 000 dinars en 1992, à 15 000 dinars en janvier 2012 (5 fois plus par rapport au minimum de 1992).Grâce à l’action de la FNTR-UGTA, une pension minimum est attribuée à tout retraité ayant travaillé au moins 15 ans et âgé de 60 ans (ces deux conditions sont obligatoires). En Algérie, le minimum évolue avec l’évolution du SNMG (salaire national minimum garanti - notre Smic).

Le minimum de la pension de retraite est égal à 75% du SNMG. En fait le minimum de 7 500 dinars était attribué depuis 2004. Ce minimum est passé à 9 000 dinars en janvier 2007 et à 11 250 dinars en janvier 2010. Il est actuellement de 15 000 dinars depuis janvier 2012. Ainsi, en 20 ans, la pension minimum a évolué de 500%, soit, un gain annuel moyen de 25%. Une donnée à apprécier en fonction du coût de la vie : le coût d’une baguette de pain en France est égal à 8 baguettes en Algérie. De même un litre de lait coûte 25 dinars, soit l’équivalent de 0,25 euro.

Des points partagés

Cependant, les militants de la FNTR réclament une pension minimum équivalente à la valeur du SNMG, c’est-à-dire un montant de 18 000 dinars, en justifiant cette revendication par le fait qu’il ne devrait pas y avoir deux SNMG, l’un pour le travailleur salarié, et l’autre (75%) pour le travailleur retraité.

A l’occasion de cette rencontre intersyndicale, les pays présents ont rappelé les particularités de chacun notamment la prise en charge des retraites. Michel Devacht, secrétaire général de la CFDT Retraités a rappelé l’origine et l’évolution des régimes de retraite en France. A ses yeux, « le système de retraite algérien a des points partagés avec le nôtre. Notre histoire commune y est pour quelque chose » a-t-il déclaré en présentant « le guide des pensions de retraite » publié par l’UCR-CFDT. Il a pointé la nécessite en tous lieux du syndicalisme retraité pour défendre les droits de ceux-ci.

Dominique Fabre