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Quels enjeux pour la réforme des retraites 2013 ?


Top départ pour une nouvelle réforme des retraites. Ses enjeux ? Rien de moins que les équilibres budgétaires, l'allongement de la durée de cotisation, l'alignement public/privé, la réduction des inégalités…. Le tout pour assurer la pérennité du système. La CFDT reste entièrement mobilisée sur ses propositions.

1993, 2003, 2007, 2010, et maintenant 2013.

Les réformes se succèdent. Les équilibres financiers ne cessent de se dégrader. Selon le Conseil d’orientation des retraites (Cor), il manquera plus de 21,9 milliards d’euros en 2020.

Les premières pistes de cette nouvelle réforme ont été dévoilées avec la remise du rapport de la Commission Moreau sur l’avenir des retraites. La concertation avec les partenaires sociaux a duré tout l’été. Un projet de loi devrait être présenté au Parlement fin septembre. Oui mais lequel ?

Sauf à aggraver encore la dette, il faut trouver de l’argent à court terme, mais aussi à moyen terme. C’est le défi majeur de cette nouvelle réforme. L’enjeu est aussi d’instaurer un « pilotage » à moyen terme des régimes de retraite pour éviter des réformes à répétition. La mise en place d’un « comité de suivi », constitué d’experts émettant tous les ans des recommandations, est envisagée.

Durée de cotisation et âge légal

Le Gouvernement a d’ores et déjà donné des indications importantes comme celle d’augmenter la durée de cotisation sans toucher à l’âge de départ en retraite.

Selon la logique de 2003, la durée d’assurance nécessaire pour une retraite à taux plein augmente automatiquement en fonction de la progression de l’espérance de vie. Cette durée d’assurance atteint actuellement quarante et un ans et six mois pour les générations nées en 1955 et au-delà. L’âge moyen d’entrée dans la vie active avoisinant les 22 ans, augmenter encore la durée de cotisation induit à faire reculer l’âge légal au-delà de 62 ans.

Pour la CFDT, ce paramètre est à privilégier. Jean-Louis Malys, secrétaire national chargé des retraites, explique toutefois qu’« on ne peut pas aller beaucoup au-delà de quarante-deux ans ».

Des droits pour les plus jeunes

Cette réforme devrait aussi traiter de la pénibilité au travail. La CFDT préconise un départ anticipé : une réduction de la durée de carrière d’une année pour 10 ans d’exposition. La ministre des Affaires sociales s’est montrée favorable à mieux cibler les avantages familiaux.

Pour, d’une part, les recentrer vraiment sur les femmes et, d’autre part, viser les parents, hommes et femmes, qui se sont effectivement arrêtés de travailler pour éduquer leurs enfants. « Car dès que l’on interrompt une carrière, ça se paie sur le niveau de pension », insiste Jean-Louis Malys.

Autre sujet pour le Gouvernement, l’acquisition des droits à la retraite par les générations les plus exposées. Celle-ci est souvent insuffisante. Pour la CFDT, il est indispensable de mieux prendre en compte l’apprentissage, l’alternance, la formation professionnelle ainsi que les stages en entreprises.

D’autres sujets mobilisent la CFDT : droits des polypensionnés, minimum de pension pour une carrière complète égale au Smic net, amélioration du dispositif de départ pour carrière longue.

La CFDT pour une réforme d’ampleur

Lors de sa rencontre avec la ministre des Affaires sociales, la CFDT a rappelé sa demande d’une réforme globale. Elle continue de plaider pour une retraite à la carte : l’assuré pourrait partir quasiment quand il le souhaite, mais en en assumant les conséquences sur le montant de sa retraite.

La CFDT revendique le droit pour les salariés de partir sans condition d’âge, dès lors qu’ils ont tous les trimestres d’assurance requis pour le taux plein. Une prochaine rencontre avec le Premier ministre était programmée le 26 août.

La CFDT reste mobilisée dans l’attente du projet de loi, qui contiendrait des premières mesures à court terme. D’autres, plus structurelles, pourraient suivre.

Ombretta Frache

Article écrit fin août 2013