Notre congrès 2015


Questions à Michel Devacht


Adhérent à la CFDT depuis 67 et à la CFDT Retraités depuis 97, le secrétaire général de l’Union confédérale CFDT des retraités participe à son dernier congrès. À Nantes, il passe la main. Regard lucide sur le chemin parcouru. Et un point d’étape plein d’avenir. Michel Devacht

Quel bilan tires-tu de ton mandat ? De quoi es-tu fier ?

Les gens qui me côtoient me reconnaissent cette qualité : savoir m’entourer. Si l’UCR CFDT est aujourd’hui connue et reconnue dans la CFDT (Confédération, fédérations et interprofessionnel) et par l’extérieur, c’est grâce à l’équipe nationale que j’ai constituée peu à peu. Je pense ici à Bernard Le Chatreux, François Hun, Jean-Yves Branellec, Edmond Pestel, et à tous les militants de la commission exécutive actuelle.

Nous avons su mobiliser les militants de la CFDT Retraités sur des revendications spécifiques. Manifestation après manifestation, enquête après enquête, congrès après congrès, la CFDT Retraités a su construire son cahier revendicatif. Cette richesse revendicative impressionne les autres organisations syndicales de retraités.

Ensemble, nous avons su démontrer la nécessité d’agir en direction des retraités. Rencontrer les retraités sur les marchés et autres lieux publics est devenu naturel. Nous avons organisé des colloques sur la perte d’autonomie, les inégalités faites aux femmes et sur les retraités modestes. Nous avons su tenir un stand au Salon des seniors. Aujourd’hui en Gironde, en Paca, en Midi-Pyrénées, en Alsace, et même au salon de l’agriculture, nos équipes vont à la rencontre des retraités.

Peux-tu nous citer des actions syndicales significatives ?

Les avancées viennent de nos analyses, de nos réflexions, de nos propositions. Elles sont le fruit de nos manières d’être et d’agir. Nous ne sommes pas là pour créer des problèmes, mais pour trouver des solutions. Et pour résoudre ces problèmes.
Trois exemples récents.

Les retraites. Avec notre enquête puis notre colloque sur les basses pensions, nous avons su mettre en avant une priorité absolue et urgente dans ce dossier complexe. Notre revendication « Pas de pensions inférieures au Smic net » est aujourd’hui devenue une base de référence pour tout le monde.

La perte d’autonomie. Notre opération pétition carte postale avec 60 conférences de presse le même jour a réveillé l’attention des politiques et de l’opinion sur l’urgence à traiter du problème. Le projet de loi passe au Parlement en ce moment. On attend la mise en œuvre de la loi au plus tard en janvier 2016 avec exigence. Cela a trop duré. Il faut rester exigeant tant sur le contenu de la loi que sur sa mise en œuvre.

La santé. Notre campagne actuelle sur « le tiers payant est un droit » se déroule dans la proximité avec distribution d’un tract très argumenté. Elle nous positionne également dans ce débat pour combattre les exigences de certains médecins libéraux.

Quels sont tes rapports avec la confédération CFDT ?

Je suis CFDT ! Nous sommes à l’aise avec les orientations confédérales. La place des retraités organisés est reconnue depuis le congrès confédéral de 2002 à Nantes. Nous sommes dans une organisation syndicale de salariés qui laisse une place au syndicalisme retraité. Je demande d’ailleurs de nous attribuer toute notre place, ni plus ni moins. Comme la protection sociale relève de la confédération, nous lui apportons notre expertise, notre connaissance des problèmes rencontrés par les retraités et les futurs retraités.

Après onze années comme secrétaire général de l’UCR, tu passes la main, que vas-tu devenir ?

Je reste militant de la CFDT Retraités. Je vais participer à la vie de ma section locale. Je vais prendre ma retraite dans le temps de la retraite, m’occuper de ma famille, lire tous les livres que je n’ai pas lus, voyager...

J’ai beaucoup donné de mon temps et mon énergie, mais j’ai beaucoup reçu tant en fraternité qu’en enrichissement intellectuel.

Michel DEVACHT