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Questions à Olivier Guivarch, responsable des relations avec le mouvement associatif 5/5


Financements en chute, emplois menacés, procédures toujours plus lourdes : le monde associatif est à bout de souffle. Olivier Guivarch appelle à sécuriser les subventions, renforcer les droits des salariés et réaffirmer le rôle central des associations dans la démocratie sociale.

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Fil Bleu : Comment renforcer les financements du secteur associatif, pilier de la démocratie sociale ?

Olivier Guivarch : Le secteur associatif emploie 1,9 million de salariés. Il touche la quasi-totalité de la population. Il est en crise : baisse des financements publics et des subventions pluriannuelles au profit d’appels à projets précaires, trésorerie en chute libre pour de nombreuses structures, et menaces sur l’emploi.

Il faut activer trois leviers pour renforcer les financements. La subvention publique doit être sécurisée. Ensuite, les associations dépendant des financements publics jusqu’à 70 % dans certains secteurs comme l’hébergement social, il est crucial de réaffirmer la subvention de fonctionnement comme socle, en privilégiant les conventions pluriannuelles qui offrent visibilité et stabilité. Enfin, il faut sanctuariser les budgets dédiés à la vie associative.

Le mécénat, les dons et cotisations doivent être encouragés auprès des entreprises et particuliers via des incitations fiscales ou campagnes de sensibilisation. Adapter des modèles comme le 1 % pour la planète ouvrirait de nouveaux flux financiers.

La création de fonds mutualisés apporterait des ressources entre associations et permettrait d’accéder à des financements importants, tout en favorisant la solidarité inter-associative.

L’accès aux financements européens et internationaux devrait être facilité, en accompagnant les associations. Ces fonds sont sous-utilisés faute de moyens ou de compétences spécifiques.

Les procédures de demande et de gestion des subventions sont lourdes et chronophages. Il faut simplifier les démarches, harmoniser les critères d’attribution pour que les associations se concentrent sur leur mission.
Enfin, la CFDT revendique une charte d’engagements réciproques coconstruite entre l’État, les collectivités et le monde associatif, a n de rétablir la confiance

Comment agir face aux licenciements ?

De grandes associations ont déjà annoncé des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), par exemple l’APF France handicap ou le Secours Catholique. Ce dispositif laisse une place au dialogue social. Les représentants du personnel CFDT ont le soutien des structures professionnelles et interprofessionnelles pour négocier des mesures d’accompagnement.

Mais les suppressions d’emplois les plus nombreuses ont lieu dans les petites associations (73 % emploient moins de 5 salariés).

Ces salariés ont besoin d’une assurance chômage protectrice que nous revendiquons et d’une politique de l’emploi financée à la hauteur des enjeux, à rebours des restrictions actuelles privant de moyens la mission Travail et emploi des pouvoirs publics.

Quelle place pour les associations du Pacte du pouvoir de vivre et de la CFDT dans ces actions ?

Le Mouvement associatif, membre du Pacte du pouvoir de vivre, a organisé 350 actions locales lors de la mobilisation du 11 octobre dernier. La CFDT et le Pacte ont appelé à y participer activement avec comme slogan « Ça ne tient plus » suivi d’un message central « pas un euro de moins pour les associations ».

Une tribune est parue en décembre à destination des pouvoirs publics. Les associations portent des plaidoyers et interviennent dans le débat public. La CFDT apporte sa propre expertise et ses relais au sein du secteur.

Propos recueillis par Fil Bleu

Pour en savoir plus

Communiqué du Pacte du pouvoir de vivre du 16 octobre 2025 : Le Pacte appelle à un budget cohérent et juste au bénéfice de nos concitoyen.nes !