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Regards sur la France


L’approche des élections de 2017 attise les débats concernant les regards portés sur notre pays avec des entrées diverses : identité, valeurs, atouts/faiblesses, comparaisons avec d’autres pays, notamment notre voisin l’Allemagne.

À côté de ces approches, le contexte global se caractérise par des transformations lourdes : mondialisation, financiarisation de l’économie, révolution numérique, urgence climatique, aggravation des risques géopolitiques et sécuritaires, montée des populismes et des nationalismes, dont le Brexit est l’illustration.
Face à cela, des interrogations se font jour sur ce que nous, la France, sommes, ainsi que sur la manière dont nous pouvons, ensemble, « faire société ».

1. La France et le monde

Elle se caractérise par une histoire issue principalement de la Révolution française, des valeurs de liberté, de la République et de la laïcité.

Sa géographie a ses particularités : 550 000 km2 (en Métropole) ; le pays est environné par trois mers : la Méditerranée, l’Atlantique et la Mer du Nord/Manche et comporte 5 500 km de côtes. En plus, le pays comprend cinq départements d’outre-mer – Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion et Mayotte – ainsi que plusieurs autres collectivités dont la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon et Saint-Barthélémy.

La France a des frontières avec le Brésil (Guyane française), l’Espagne, la Belgique, la Suisse, le Suriname (Guyane française), l’Italie, l’Allemagne, le Luxembourg, Andorre, les Pays-Bas (avec Saint-Martin) et Monaco.

Les institutions de notre pays s’appuient sur un régime dit « semi-présidentiel ». Pour autant, l’élection présidentielle donne le tempo de la vie politique surtout depuis l’élection présidentielle au suffrage direct (1962) et le raccourcissement du mandat du président de la République ramené de 7 à 5 ans (2000). Le système actuel accentue l’inclination du pays à la centralisation du pouvoir avec ses inconvénients : personnalisation du pouvoir, médiatisation excessive. Il est pourtant peu probable que des modifications de substance viennent amender cet édifice désormais bien établi.

Les performances économiques sont discutées, réévaluées, en permanence. Les éléments ci-dessous ne sont donc qu’une photographie :

Année20162017
Croissance 1,5 % 1,5 %
Déficit public (*) 3,3 % 2,7 %
Dette publique (*) 96,1 % 96 %
Balance commerciale -45,3 milliards -48,9 milliards

(*) En % du PIB
Source : projet de loi de finances 2017

Quelles que soient les difficultés, la France est, en termes économiques, la 5e puissance économique du monde : « peut mieux faire », sans doute, mais les difficultés pour réelles qu’elles soient sont un peu à relativiser.

Dans le monde, la France est présente dans diverses institutions internationales : ONU, Conseil de sécurité, OTAN, OMS, Unesco, FMI, OCDE, OIT, G7 et G20, UE…
La France dispose d’un important réseau diplomatique, le 3e au plan mondial, et participe à plusieurs opérations militaires notamment en Irak, en Syrie, au Liban et au Mali.

Après ce tour d’horizon, il paraît bien difficile de se complaire dans des analyses déclinistes ou de vouloir aspirer à l’isolationnisme.

Cela n’empêche pas de regarder les difficultés présentes.

2. Les difficultés

Le travail de France Stratégie intitulé « Lignes de faille » (2016) nous facilite la tâche : le parti pris est ici de mettre face à face les « perceptions » (issues de sondages) et les chiffres (issus de statistiques officielles). Cette approche fournit un cadre qui met à jour les écarts et la difficulté de toute action publique.

Six thèmes y sont alors abordés. Nous en sélectionnons trois :
- l’emploi : en 2014, 4 Français sur dix estimaient qu’il y avait « un risque de chômage dans les mois à venir pour eux-mêmes ou un de leurs proches » ;
- les jeunes générations et les autres : 70 % des Français jugent que la situation des moins de 30 ans est plus difficile que celle qu’ont connue les générations précédentes ;
- entre Français de différentes origines : l’étude nous indique que pour les Français, l’intégration fonctionne mal. Cette appréciation a doublé en 10 ans : 37 % en 2005, 72 % en 2014.

Ces constats sont le reflet d’une « société inquiète ». France Stratégie complète son analyse en insistant sur la responsabilité des institutions – entreprises, administrations, école, État providence – et la défiance envers les élus, et propose plusieurs pistes pour réunifier le pays.

Ces « regards sur la France » sont multiples et complexes, mais il faut raison garder, identifier nos atouts et nos faiblesses et ne pas se laisser entraîner dans le déclinisme. « Faire société » suppose des repères solides et un développement des solidarités dans une société encore trop fragmentée.

Jean-Pierre Moussy