Action internationale


Rencontre franco-espagnole de retraités CFDT et UGT


Les syndicalistes retraités de régions voisines d'Espagne et de France se rencontrent pour se comprendre et échanger. Action sociale, hébergement des personnes âgées, la construction européenne et la détente sont au rendez-vous. Compte rendu.

Depuis cinq ans et alternativement en France et en Espagne, une délégation de l’Union régionale CFDT des retraités d’Aquitaine rencontre celle des retraités espagnols affiliés à l’UGT et venant de deux communautés autonomes (La Rioja et la Navarre). Cette année la rencontre s’est déroulée en mai 2005 à Biarritz. La rencontre aborde deux thèmes particuliers : l’organisation de l’action sociale et l’hébergement des personnes âgées.

L’organisation de l’action sociale

Dans les deux pays, au cours des dernières décades, l’assistance aux personnes et l’aspect charitable ont progressivement été remplacés par une action sociale basée sur le respect des droits de la personne âgée. La fin du franquisme a été déterminante en Espagne où un ministère des Affaires sociales n’existe que depuis 1988. Alors qu’en France, les deux étapes de la décentralisation (1982 et 2004) ont donné un rôle majeur aux conseils généraux, complété par l’action des communes. Ce sont aussi les collectivités territoriales (communautés autonomes et communes) qui sont les acteurs principaux en Espagne.

Quelques intervenants.

Le faible niveau des pensions en Espagne est un obstacle dans la prise en compte des besoins des retraités qui sont souvent assurés par des professionnels peu formés. Face aux déséquilibres entre territoires, les retraités espagnols souhaitent une loi générale sur les services aux personnes âgées afin d’en garantir l’accès à tous. Comme en France, ils regrettent le peu de considération dont bénéficient les personnes âgées de la part des élus politiques et des gouvernements.

L’hébergement des personnes âgées

Le vieillissement de la population est comparable en Aquitaine et dans la Rioja. Le manque de possibilité d’hébergement est ressenti partout et les prix élevés des journées en établissement mettent en difficulté les retraités ayant les revenus les plus modestes. La diversité des solutions offertes (accueil de jour, accueil temporaire, foyers,...) est jugée comme nécessaire car elle apporte plus de souplesse et d’adaptation face aux besoins exprimés.

Une déclaration finale commune

En fin de rencontre, une déclaration commune a été rédigée sur les points communs aux deux pays qui ont été notés au cours des débats :
- le peu d’effort fait par les collectivités publiques pour se préparer aux évolutions démographiques et aux nouvelles formes de dépendance ;
- le manque d’attention et de considération porté aux personnes âgées ;
- le manque de places dans les structures d’hébergement ;
- les difficultés financières pour faire face au prix de l’hébergement ;
- la nécessité de services de qualité apportés par des professionnels qualifiés tant à domicile qu’en établissement ;
- la crainte d’inégalités territoriales ;
- la nécessité d’une protection contre les maltraitances de formes diverses.

La construction européenne n’a pas été oubliée

L’aspect international de la rencontre est confirmé avec Roger Briesch, vice-président du Comité économique et social européen et militant CFDT bien connu pour la force de ses convictions européennes. Après un exposé sur la place des retraités en Europe, le débat ne pouvait passer sous silence le référendum sur le projet de traité constitutionnel européen. Nous étions à quatre jours du vote en France ! Les arguments favorables à l’adoption sont clairement exposés par Roger Briesch devant une délégation espagnole qui ne comprenait pas les hésitations ou les oppositions de l’opinion française !

La convivialité était aussi au rendez-vous

Enfin on ne peut passer sous silence le caractère amical et convivial de ces journées qui se sont terminées par une visite de la ville de Saint-Jean-de-Luz où le souvenir du mariage de Louis XIV avec l’Infante d’Espagne reste présent avec la maison de l’Infante et l’Église Saint-Jean-Baptiste.

Le port, la jetée construite pour protéger la ville contre l’avancement de la mer, l’hôtel de ville sur la place Louis XIV ainsi que la maison de Maurice Ravel à Ciboure ont complété la visite qui s’est terminée par un repas de spécialités locales. Les deux délégations ont exprimé le désir de poursuivre le travail en commun.