Notre activité


Riche, pauvre ou dans la moyenne ?


La plupart d'entre nous considèrent que la richesse commence pour les revenus supérieurs au sien. Pourtant les chiffres réels surprennent : une personne seule disposant de plus 1 500 € nets fait partie des 30% les plus riches. Ce n'est donc pas cela la richesse !

Des dirigeants de grandes entreprises perçoivent avant impôts entre 100 et 400 ans de Smic net. Les stars du sport vont bien au-delà puisque Thierry Henry aurait touché en 2006 l’équivalent de 12 000 ans de Smic (vous avez bien lu !). Les vedettes du spectacle naviguent aussi dans les hautes sphères même si Gérard Depardieu se contente de 363 ans. Enfin, Liliane Bettancourt a perçu en 2005, comme principale actionnaire de l’Oréal, 15 700 ans de Smic en dividendes. Tous avant impôts. Les plus riches ne se situent pas tous sur des sommets aussi élevés. Pour faire partie des 5% les plus riches, il suffit d’avoir seul plus de 2 360 € nets d’impôts par mois ! Mais les 10% les plus riches reçoivent environ 25% des revenus.

Les classes moyennes gagnent combien ?

Définition un peu floue qui dépend beaucoup de la perception que l’on a de sa propre situation et de celle des autres. Si on prend en compte les personnes dont les revenus se situent au-delà des 30% des plus pauvres et en deçà des 30% les plus riches, on rassemble 40% de la population. Leurs revenus nets s’étendent de 980 à 1 300 € pour une personne seule, de 1 800 à 2 500 € pour un couple et de 2 500 à 3 400 € pour une familles avec enfants en bas âge.

Les plus bas revenus

Dans notre société, être illettré, ne pas pouvoir partir en vacances ou y envoyer ses enfants, ne pas pouvoir accéder aux soins médicaux et à la prévention, vivre dans un logement insalubre ou un environnement dégradé et exposé à l’insécurité ou a fortiori ne disposer que d’un hébergement provisoire voire « être dans la rue » créent des situations de pauvreté. Cela ne se cumule pas toujours sur une même personne mais cette accumulation existe.

S’agissant des revenus en 2005, le seuil de pauvreté à 50% correspond pour une personne seule à 681 € par mois et le seuil à 60% à 817 € (voir en encadré la définition). L’écart entre ces deux seuils est faible (136 €). Pourtant le nombre de personnes pauvres varie du simple au double selon l’une ou l’autre de ces définitions : 3,7 millions avec le premier seuil soit 6,3% de la population, 7,1 millions avec le second soit 12,1% de la population.
Elle ne frappe pas uniformément l’ensemble des catégories. Certaines sont plus exposées que d’autres. Les 10% les plus pauvres perçoivent 3% des revenus totaux !
À noter que l’objectif du gouvernement est de réduire d’un tiers la pauvreté en cinq ans.

Et les retraités ?

Leur situation des retraités est sensiblement meilleure que celles des ménages plus jeunes. Cela est dû à l’arrivée à l’âge de la retraite de générations ayant pleinement cotisé et à la montée de l’emploi féminin réduisant le nombre de femmes âgées ne disposant que de pensions de réversion. Les pauvres sont maintenant majoritairement des salariés jeunes.

Cependant depuis 1990 le minimum vieillesse progresse moins vite que le niveau de vie médian et l’indexation des pensions est effectué sur les prix et non plus sur les salaires bruts. Le taux de pauvreté des personnes de plus de 60 ans ne se réduit plus (4% des retraités au minimum vieillesse). Il s’accroît même pour les personnes seules ne percevant qu’une pension de réversion.

Parmi les ménages dont la personne de référence a plus de 65 ans, en 2005 il y en a 9,1% sous le seuil de pauvreté de 60% et 2,6% sous celui de 50%. Parmi eux, les femmes de plus de 75 ans sont 12,8% sous le seuil de pauvreté de 60% et 5,4% sous celui de 50%. Retenons que c’est entre 45 et 75 ans que le taux de pauvreté se situe sous la moyenne nationale.

À partir du tableau, après avoir déduit ses impôts, chacun pourra se situer dans l’échelle des revenus et comparer ainsi sa situation par rapport à l’ensemble des foyers français.

Cet article n’a pour objet que de décrire la situation. L’action pour les bas revenus et la réduction des inégalités de la CFDT s’appuie aussi sur les études disponibles.

Sources : Rapport n°7 du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc). Observatoire des inégalités (www.inegalites.fr). Alternatives Économiques de janvier 2007.

Tableau

Le revenu disponible selon le type de ménage

En euros par mois pour 2004. Revenus après avoir enlevé les impôts directs (sur le revenu, sur l’habitation) et ajouté les prestations sociales. Ne comprend pas environ 80% des revenus du patrimoine.

Part Personnes seules Couple sans enfants Familles avec deux enfants de moins de 14 ans
10 % ont moins de 653 1 305 1 816
20 % ont moins de 849 1 554 2 180
30 % ont moins de 978 1 783 2 503
40 % ont moins de 1 084 1 994 2 784
50 % ont moins de 1 182 2 235 3 040
60 % ont moins de 1 303 2 485 3 392
70 % ont moins de 1 483 2 785 3 787
80 % ont moins de 1 717 3 238 4 308
90% ont moins de 2 148 4 030 5 392
95 % ont moins de 2 364 4 469 6 081

Lecture : 10% des personnes seules disposent de moins de 653 € nets par mois. Ou 40 % des couples sans enfants disposent de moins de 1994 € par mois pour vivre. Ou 10% des personnes seules disposent de plus de 2148 € par mois.

Source : Insee Enquête revenus fiscaux. Année des données : 2004. Publiées par l’Observatoire des inégalités.

Définition de la pauvreté

Dans les pays européens, on mesure la pauvreté monétaire de manière relative : on compare aux revenus des autres habitants. D’autres pays comme les États-Unis ou le Canada ont une approche absolue : quel montant de produits et de services sont indispensables ?
Sont pauvres en France ceux qui ont un revenu inférieur à 50% du revenu médian. Eurostat et les pays européens utilisent un seuil à 60% de la médiane. Le revenu médian est celui dont la moitié de la population est en dessous et l’autre moitié au-dessus. Il augmente chaque année.
On ne mesure ainsi que la pauvreté monétaire, pas la privation de logement, de soins ou d’accès à l’école et la culture.

Graphique

Taux de femmes et d’hommes sous le seuil de pauvreté par âge

Taux en % pour un seuil de 60% du revenu médian disponible, soit moins de 817 € nets en 2005. Pour chaque âge, une colonne pour les femmes et une colonne pour les hommes plus total pour tous les âges.

Source : Insee-DGI, enquête revenus fiscaux 2005.

Graphique

Évolution du taux d’individus sous le seuil de pauvreté depuis 1970

Taux en % pour un seuil de 60% du revenu médian disponible, recalculé en euros 2005 par mois, soit moins de 817 € nets en 2005, moins de 705 € en 1990, moins de 439 € en 1970.

Source : Insee-DGI, enquêtes revenus fiscaux 1970, 1975, 1979, 1984, 1990 et de 1996 à 2005.