Rompre l’isolement et la solitude des personnes âgées
L’isolement et la solitude des aînés ont progressé de plus de 150 % en dix ans. C’est ce que confirme le baromètre de septembre 2025 des Petits frères des pauvres. Il faut plus que jamais briser l’isolement des personnes âgées.
La perte de liens sociaux est un dé à relever. Ses conséquences – la pauvreté, la précarité, les atteintes à la santé physique et mentale et à la citoyenneté – sont à connaître. La progression de l’isolement et de la solitude est une préoccupation de la CFDT Retraités. Ses implications pour et avec les proches aidants, avec les associations du Pacte du pouvoir de vivre, le réseau Villes amies des aînés, les centres communaux et départementaux d’action sociale (CCAS et CDAS) illustrent ses engagements. Il en est de même au sein du Conseil national de la perte d’autonomie (CNSA), qui fait de cet enjeu un axe prioritaire de prévention.
Des chiffres éclairants et inquiétants
• 750 000 personnes âgées en situation de mort sociale* ;
• 2 millions isolées de leur entourage ;
• 4 millions avec un sentiment de solitude ;
• un tiers sans personne pour aller se promener ou parler de choses personnelles ;
• une sur deux qui ne sort pas de chez elle quotidiennement, surtout en milieu rural ;
• 57 % qui n’envisagent pas de déménager, malgré leur perte d’autonomie et leur logement inadapté (74 % pour les 85 ans et plus) ;
• 27 % qui n’utilisent jamais Internet.
Les aidants potentiels sont en premier les enfants, devant les conjoints et les services d’aide à domicile. Les personnes de 80 ans et plus et les aînés pauvres sont les populations les plus à risque. Les 60 ans et plus plébiscitent le maintien de commerces et services de proximité, des transports adaptés et des informations sur les aides.
Les causes et les réponses à y apporter
Les causes sont nombreuses : la perte d’autonomie et de considération, l’éclatement des familles, l’éloignement géographique des proches, l’absence d’enfants, d’amis et de conjoint, la faiblesse des revenus.
Association nationale, les Petits frères des pauvres établit, avec ses 14 600 bénévoles, des liens réguliers avec des personnes à domicile et en établissement. Elle préconise de mieux repérer les fragilités et de prévenir les situations l’isolement ; de déployer des actions à portée intergénérationnelles ; de mieux faire connaître l’isolement et de capitaliser les bonnes pratiques ; de doubler le nombre de Services Civiques Solidarité Seniors ** ; de mobiliser les acteurs de la santé, d’instaurer sur le plan national un système d’alertes et de sensibilisation.
L’appartenance à une association ou un syndicat est aussi à valoriser de par les liens sociaux qu’elle entraîne, avec ses activités sociales et culturelles ouvertes et accessibles à tous. Le type d’habitat et la vie du quartier sont déterminants. Les habitats intermédiaires adaptés, soutenus par la CFDT, sont à développer. Pour les aînés les plus isolés ou dépendants, l’accueil de jour, le séjour temporaire, mais aussi, la résidence autonomie, l’Ehpad sont des moyens pour combattre l’isolement.
Pour Anne Géneau, présidente des Petits frères des pauvres, « la lutte contre l’isolement des personnes âgées doit devenir une priorité nationale pour éviter, qu’en 2030, un million de personnes basculent dans l’isolement le plus extrême ».
[Jacques Rastoul
* C’est-à-dire totalement ou quasi totalement coupées de tout lien avec leur famille, amis, voisins ou tissu associatif.
** Le Service Civique Solidarité Seniors offre aux jeunes de 16 à 25 ans l’opportunité de s’engager pendant 6 à 12 mois auprès des seniors
Pour en savoir plusLe rapport complet et son baromètre : petitsfreresdespauvres.fr
