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L’art de prendre soin des personnes en perte d’autonomie


Prendre soin chaque jour des personnes en perte d’autonomie est tout un art.

Le chant, la danse, la musique, le dessin, l’esthétique, mais aussi le cirque et le théâtre, l’art culinaire, l’art de la manutention, des relations interpersonnelles… participent à la bientraitance des personnes fragiles et au bien-être des professionnels. Le 10e colloque des approches non médicamenteuses d’Agevillage, à Paris, a ouvert de nouvelles perspectives à partir de l’art-thérapie ou du lien entre l’art et la santé. Il a interrogé le « prendre soin », le sens des accompagnements, les ambiances, les environnements, du matin au soir et du soir au matin.

Le Bistrot mémoire est un lieu d’accueil pour les personnes atteintes de troubles cognitifs. Il permet aux malades et à leurs proches de partager un bon moment et d’apprivoiser des nouvelles capacités d’être ensemble et de participer à des activités communes.

La danse et la musique préservent l’humanité

Les effets positifs de la musicothérapie sont démontrés. La danse elle aussi préserve l’humanité des malades d’Alzheimer et change leur image, surtout lorsqu’elle est intergénérationnelle et avec des danseurs professionnels. Telle est l’expérience menée à l’Ehpad du Bois de Menuse de Chalon-sur-Saône. L’art du cirque adapté au CHU de Toulouse, en unité Alzheimer, permet de conjuguer le travail corporel, l’équilibre, l’expression, l’évasion et la rencontre entre générations. Un projet récompensé par Villes amies des aînés en 2016.

Le rapport au corps est essentiel. Le toucher-tendresse est aussi tout un art. Il génère des relations positives, aussi bien pour la personne qui prend contact que pour la personne qui est touchée, a expliqué Florence Lasnon Dussaussay, neurophysiologiste. C’est l’un des piliers de la méthode d’Humanitude. L’art de la manutention relationnelle est l’art de transformer une simple technique en art de soin. Il s’agit d’éviter toute manutention inutile et déshumanisante. Cette méthode nous vient du Japon.

Le repas reste le plaisir le plus attendu

La restauration est le plaisir le plus attendu des personnes en perte d’autonomie. Ont été présentées de nouvelles façons de cuisiner, de présenter les plats, d’améliorer l’espace d’un repas et d’accompagner le personnel soignant vers les besoins individuels de chacun. Ces pratiques réduisent fortement les troubles de la déglutition et la qualité de vie des résidents.

Pour combler l’absence de formation initiale des médecins à la bientraitance, un professeur en cancérologie et le metteur en scène et écrivain Serge Ouaknine ont créé des ateliers de théâtre. Face à l’annonce d’une maladie grave, ils apprennent aux médecins une autre relation médecin-malade, à partir de la qualité de la présence, de l’écoute et de l’empathie.

Professionnalisme, santé et culture sont bien appréciés par les usagers et les proches aidants, les conseils de vie sociale (CVS) dans le médico-social et les commissions des usagers (CDU) dans le sanitaire portent aussi ces questions. La mobilisation des artistes et des intervenants culturels se développe à domicile et en établissement, souligne Dominique Spiess, fondatrice de l’association Culture et Hôpital et présidente du Réseau Culture Ville Santé en Île-de-France.

Toutes ces approches nouvelles sont à faire connaître et à développer pour le bien-être de tous. Espérons que les restrictions budgétaires n’entameront pas cette dynamique.

Le colloque des 9 et 10 novembre 2017 d’Agevillage, partenaire de la CFDT Retraités à partir de la méthode Humanitude, a intéressé de nombreux professionnels et les usagers.

Jacques Rastoul

Les professionnels reconnus par le label "Humanitude"