UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Seulement 3 % pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion 5/6


Les prestations pour les retraites et la santé représentent plus de 80 % des prestations de la protection sociale française. La lutte contre la pauvreté et l’exclusion ne représente que 3 % du total.

Sommaire du dossier
- Notre protection sociale coûte-t-elle trop cher ? 1/6
- Les dépenses de santé en France sont proches des autres pays 2/6
- L’État fait main basse sur l’Unédic 3/6
- Bismarckien ou beveridgien ? 4/6
- Seulement 3 % pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion 5/6
- Les dépenses de protection sociale témoignent du niveau de solidarité 6/6

Avec un peu plus de 23 milliards d’euros en 2017 dédiés à la lutte contre le risque pauvreté-exclusion, 70 % des montants visent deux prestations principales : le RSA et la prime d’activité. Elles composent l’essentiel des « minima sociaux ». S’y ajoutent l’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs en fin de droits, l’allocation aux adultes handicapées (AAH) et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) pas classées dans la rubrique « pauvreté-exclusion » de la protection sociale.

Le RSA garantit un revenu minimum (dépendant de la composition du foyer) aux personnes sans ressources ou en ayant de très faibles. Ils doivent être âgés d’au moins 25 ans ou entre 18 et 24 ans s’ils sont parents isolés ou justifient d’une certaine durée d’activité professionnelle. La prime d’activité, créée en 2016, est un complément de rémunération versé aux travailleurs modestes (cumulable avec le RSA). Elle est ouverte aux jeunes actifs dès 18 ans et aux étudiants salariés. En 2017, le RSA concernait un peu plus de 1,8 million de foyers et la prime d’activité un peu plus de 2,7 millions.

Le taux de pauvreté à la hausse en 2018

Les autres allocations visent des publics spécifiques confrontés à un risque de grande pauvreté comme les aides liées à l’hébergement des personnes en situation précaire, l’hébergement d’urgence, les colis alimentaires, la prime de Noël pour les bénéficiaires du RSA, l’allocation pour demandeur d’asile, etc. Elles sont versées par certaines associations, les CCAS-CIAS (centres communaux et intercommunaux d’action sociale) et l’État.

Leur croissance est particulièrement forte depuis 2012 (+ 4,4 % par an en moyenne). En 2017, l’augmentation des dépenses est notamment due à la hausse des prestations liées à l’activité et à la montée en charge de la prime d’activité. Suite au mouvement des Gilets jaunes, le montant maximal mensuel de la bonification individuelle de la prime d’activité a été augmenté de 90 euros au 1er janvier 2019. Fin 2019, 4,5 millions de foyers bénéficient de la prime d’activité. Par ailleurs, 5,7 millions de foyers ont reçu un chèque énergie.

Le taux de pauvreté égal à 60 % du revenu médian atteignait déjà un seuil inquiétant en 2018 : 14,8 %, contre 14,1 % en 2017. En 2018, 9,3 millions de personnes vivaient en situation de pauvreté, en incluant les conjoints et les personnes à charge, soit 764 000 personnes supplémentaires comparé à 2013. Parmi elles, 3,6 millions de personnes ont moins de 30 ans. Ces populations sont particulièrement touchées par la crise sanitaire.

La CFDT, avec les membres du Pacte du pouvoir de vivre, appelle le gouvernement à agir en direction des plus modestes, notamment via l’augmentation du RSA de 100 euros et son extension aux moins de 25 ans.

Les trois quarts des habitants de la planète n’ont pas ou peu de protection sociale

Selon l’OIT, l’organisation internationale du travail, les habitants des pays hors de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), les pays pauvres et les pays émergents, n’ont pas ou peu accès aux assurances maladie, aux allocations familiales ou encore à une retraite. Pourtant, « une protection de base pourrait faire diminuer la pauvreté d’au moins 35 % » constatait l’OIT. Cela est d’autant plus dommageable pour des populations qui subissent de nombreuses pathologies et des épidémies récurrentes. Les problèmes d’accès au vaccin contre la Covid-19 vont une fois de plus mettre en lumière ces profondes inégalités planétaires.

Pour en savoir plus

Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)

Librairie de l’OCDE

Haut Conseil pour le financement de la protection sociale