Le budget 2026 évite le pire sans résoudre l’essentiel
Dans l'éditorial du Fil Bleu de mars avril 2026, le magazine des adhérents à la CFDT Retraités, Benoit Prince, secrétaire général, revient sur le budget pour 2026.
Si le texte final du budget écarte une partie des coupes dramatiques pour les plus modestes, le budget 2026 reste très en deçà des besoins sociaux et écologiques du pays.
Les mesures les plus dures du texte initial – l’année blanche, le doublement des franchises médicales ou l’abattement de 10 % sur les pensions – ont été supprimées.
Ces changements sont le reflet du débat parlementaire et de l’action du gouvernement. Ils sont aussi l’écho de notre mobilisation syndicale, aux côtés d’autres acteurs, pour rejeter des mesures injustes !
Nous n’avons pas gagné sur tous les plans et les deux lois de financement ne nous font pas rêver. Mais soyons fiers des lignes que nous avons réussi à faire bouger.
La séquence budgétaire qui s’achève marque une évolution majeure : la justice fiscale s’est imposée comme un enjeu incontournable du débat public. Pour 80 % des Français, le système fiscal actuel ne permet pas la redistribution des richesses entre les différentes catégories de la population. Portée par de nombreux responsables politiques et une opinion publique mobilisée, la question a évolué dans le budget 2026. Elle s’est hélas traduite de façon trop limitée au regard de la portée des dispositifs comme des recettes envisagées (taxe sur les holdings, maintien de la contribution des grandes entreprises ou évolution du Pacte Dutreil).
L’impôt est au centre du pacte démocratique. Face à des besoins d’investissements considérables, tant pour la transition écologique que pour nos services publics, l’action publique est indispensable pour préparer l’avenir et renforcer notre cohésion sociale. L’impôt doit être plus juste pour être accepté. La réforme fiscale que nous voulons doit réduire les inégalités et assurer un financement équitable des politiques publiques.
La CFDT appelle à poursuivre ce débat et à aller plus loin sur la justice fiscale, en particulier une taxation accrue des très hauts patrimoine.
Benoit Prince, secrétaire général