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Table ronde : combattre l’âgisme


Malgré les premiers impacts de la loi d’adaptation de la société au vieillissement de la population, le grand âge est toujours perçu comme un handicap ou un drame.

Sommaire du dossier
- Les retraités acteurs dans la société
- Un congrès placé sous le signe de l’engagement
- Frédéric Sève : « Le militantisme CFDT, c’est un militantisme tout au long de la vie »
- Surpris et conquis par ce premier congrès
- Écologie, une préoccupation partagée
- L’avenir de l’Europe interpelle les congressistes
- Table ronde : combattre l’âgisme

Une ancienne ministre, un représentant des directeurs du secteur médico-social, deux dirigeants syndicaux Santé-Sociaux et Retraités s’attaquent aux idées reçues et proposent un autre regard.

« Pourquoi c’est un drame de vieillir dans notre pays ? Dire de quelqu’un qu’il est vieux est une injure. Pour être bien perçu, on doit toujours faire croire qu’on est jeune ». D’entrée, Pascal Champvert, de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), plante le décor de l’âgisme. Cette discrimination qui est loin d’être reconnue comme le racisme, le sexisme ou l’homophobie. L’avenir de la France c’est sa jeunesse… les seniors, les aînés sont mis de côté.

« L’espérance de vie a changé, nous voulons installer une société sans barrière d’âge », affirme Michèle Delaunay, ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie. Pour la fondatrice de la loi sur le vieillissement, « nous ne sommes pas vieux, nous sommes âgés, appelés à la sagesse. Il faut être volontaire, changer notre vocabulaire. Par exemple, le mot “retraité” n’est plus adapté, on n’est pas en retrait, mais en avance dans plein de domaines. »

Yves Vérollet, de la CFDT Retraités, abonde : « La vieillesse et une chance pour notre société au plan social et économique et non une charge, un coût, on vit de plus en plus longtemps en bonne santé. Nous sommes dans une période historique nouvelle positive. »

L’intergénérationnel est au centre de cet enjeu, Bruno Lamy, de la CFDT Santé-Sociaux, en est convaincu : « Les liens sociaux sont posés, on voudrait faire croire qu’on peut se passer les uns des autres. Les professionnels accompagnent l’homme du début à la fin de la vie. Le secteur des personnes âgées est dévalorisé. Des soignants quittent leur métier, faute de moyens et de reconnaissance. Les professionnels et les usagers sont pourtant une richesse pour notre pays.  »

Lors du débat, un consensus s’est exprimé sur la place des aidants, leurs nouveaux droits et l’importance des conseils de la vie sociale. Adapter la société aux seniors, aux aînés, valoriser la représentation des usagers demeurent des combats d’actualité.

Jacques Rastoul

De gauche à droite : Adrien Vandevelde, Yves Vérollet, Michèle Delaunay, Pascal Champvert, Bruno Lamy.