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Le témoignage de Raymond (Saint-Nazaire)


Je ne classe pas le congrès de 64 comme un événement extraordinaire dans ma vie de militant, mais comme un processus d’évolution sociale inéluctable.

Déjà dès 1952, le syndicat Michelin de Clermont-Ferrand avait posé la question de la suppression de toutes références confessionnelles dans les statuts de la CFTC. Issus des milieux catholiques progressistes, un certain nombre de militants travaillaient à ce projet.

Je me souviens de la solennité avec laquelle Eugène Descamps avait présenté les textes. Je me souviens du silence, quasi religieux, qui régnait durant les interventions successives des congressistes. Je me souviens que la séance de nuit du premier jour eut lieu dans la salle des fêtes d’Issy-les-Moulineaux, car le Palais des sports tenait spectacle ce soir-là.

J’ai vu un militant commencer son intervention par un signe de croix, dans le respect le plus total de la salle. J’ai entendu Paul Vignaux (du SGEN), négligeant le pupitre, déclamer sa longue intervention en parcourant la scène de long en large.

Mais je me souviens surtout du départ bruyant du petit groupe des opposants, installés tout en haut des gradins, après la proclamation des résultats du vote, le lendemain après-midi de cette longue soirée.