Stats et études


Tout augmente : le niveau moyen des Français, les pauvres et les inégalités


Enfin une bonne nouvelle dirons-nous : En 2009 le niveau moyen des Français a augmenté de 0,4%. En dépit de la crise, de la hausse du chômage, des files d'attente devant les Restos du cœur ou ceux du Secours catholique et du trop plein des hébergements d'urgence.

Selon le rapport de l’Insee sur « les niveaux de vie en 2009 », l’écart entre les plus pauvres et les plus riches s’est accru de 10% en cinq ans.

De plus en plus de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Cela aurait pu être plus grave « Des mesures ponctuelles, comme la prime exceptionnelle de rentrée scolaire, ou la montée en charge du revenu de solidarité active, le RSA, ont permis de limiter les effets de la crise et de diminuer de 0,2% l’augmentation du taux de pauvreté ».

En 2009, les personnes pauvres sont plus nombreuses et disposent d’un revenu plus faible qu’en 2008, cela concerne plus de 10% de jeunes. Le taux de pauvreté des retraités reste stable à 9,9%. Soit 8,2 millions de Français en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 954 euros par mois dont 6 millions avec moins de 750 euros.

Qu’en conclure ? Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres sont de plus en plus nombreux avec de moins en moins d’argent. Ainsi l’augmentation du niveau de vie moyen des Français en 2009 est dû à l’augmentation du revenu des riches et non pas à la hausse du revenu des pauvres.

En 2010, 2011 certaines mesures exceptionnelles non pas été renouvelées, la prime pour l’emploi a été gelé, les minima sociaux ont été peu réévalués, le chômage a augmenté.

Des remèdes connus

Que nous promet-on pour 2012 ? Le gel du Smic et de la prime pour l’emploi, la revalorisation de 1,75% du RSA et de 2% des allocations familiales. Cela suffira-t-il pour inverser la tendance à l’augmentation du taux de pauvreté ?

Sûrement pas et ce n’est pas avec des anathèmes contre les pauvres ni des incantations sur leur retour au travail forcé (encore faudrait-il qu’il y en ait !) que l’on construit une véritable politique de résorption de la pauvreté.

Les minima sociaux, plus bas que ceux de l’Europe du nord, ne permettent plus d’avoir une vie décente. De plus, la complexité des différents dispositifs, un mode de calcul différent ainsi que la diversité des interlocuteurs sont des handicaps supplémentaires pour y avoir accès.

Les remèdes sont connus, au-delà des problèmes concernant l’emploi et une formation qualifiante, nous devons mettre en place un suivi individualisé avec une attention soutenue à l’obtention d’un logement décent, à des transports plus nombreux adaptés aux besoins des quartiers, à une garde d’enfants plus souple et plus facile d’accès, sans parler d’une réforme d’une politique familiale moins injuste.

Qui en 2012, décidera de mettre en place ces mesures ?

Danièle Rived

Évolution du niveau de vie par tranche

Ce graphique décrit l’évolution de quelques déciles de niveau de vie entre 1996 et 2009.
Lecture : en 2009, la moitié des personnes disposent d’un niveau de vie annuel inférieur à 19 080 euros (D5) et 10 % des personnes ont un niveau de vie inférieur à 10 410 euros (D1).

Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante.
Sources : Insee-DGI.