Notre activité


9 Nicolas Hulot : "Tout tenter pour un accord ambitieux"


Président de la Fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l’Homme, Nicolas Hulot parcourt la planète depuis 40 ans. Témoin de sa lente destruction, il a décidé de devenir un des acteurs de sa reconstruction. Il lance un appel à la mobilisation.

Questions à Nicolas Hulot.

Quels enseignements tirez-vous de votre implication dans la préparation et le déroulement de COP21 ?

Nicolas Hulot. La préparation de la COP21 a été prise très au sérieux. La raison est simple : personne ne veut revivre l’échec de Copenhague. Je regrette cependant le rythme lent des négociations et le manque parfois de plus de volonté politique pour orienter le travail des négociateurs. Un aspect intéressant de la préparation est qu’on mobilise, au-delà du cadre des Nations unies, les diverses enceintes internationales pour avancer : le G7 en juin et le G20 en novembre sur les engagements de réduction d’émissions à moyen et long terme des pays les plus émetteurs, ou l’assemblée des Nations unies fin septembre sur le sujet des financements. Notons également la mobilisation nouvelle des acteurs non étatiques, notamment les collectivités qui prennent des engagements, y compris chiffrés. Cela permettra d’accélérer les engagements pris par les États.

Quelle est la participation des forces de la société civile organisée ?

Nicolas Hulot. La mobilisation de tous les acteurs est indispensable, pour assurer une pression positive et exigeante sur nos dirigeants politiques, mais aussi pour montrer que la société civile dans son ensemble est désireuse d’un accord ambitieux à Paris et d’un changement de modèle. Je trouve notamment très intéressant qu’en France, plus d’une centaine d’organisations diverses, dont les syndicats, se soient regroupées dans la Coalition 21 pour porter collectivement ces messages.

À côté des organisations traditionnelles, je note aussi l’émergence de nouveaux types de mobilisations, par exemple le mouvement prônant le désinvestissement des énergies fossiles, ou les Alternatiba, qui sont autant de nouveaux signaux d’espoir.

Comment voyez-vous les perspectives de la Conférence de Paris et la suite ?

Nicolas Hulot. Il n’est plus temps ni d’être optimiste ni pessimiste, mais de tout tenter pour aboutir à un accord ambitieux. À la Conférence de Paris, pour la première fois, les 195 pays vont mettre sur la table des engagements chiffrés. C’est inédit dans l’histoire de la communauté internationale. Pour l’instant, le compte n’y est pas.

Ma fondation estime qu’avec les contributions déposées à ce jour, qui représentent plus de 60 % des émissions totales, on s’achemine vers un réchauffement de 3 à 4 °C, bien loin de l’objectif des 2 °C. Il faut plus d’ambition ! À ce stade rien n’est joué.

Pour la suite, et quels que soient les résultats de la Conférence de Paris, les États doivent s’engager dans des politiques ambitieuses. C’est l’objet de mon livre-manifeste Osons qui fait 12 propositions aux États pour une feuille de route alternative et 10 aux citoyens. Ce livre est accompagné d’un appel que j’invite le plus grand nombre à signer sur le site de ma fondation.

Et le 29 novembre prochain, veille de l’ouverture de la COP21, aura lieu une grande marche pour le climat qui réunira l’ensemble de la société civile à Paris. La CFDT y sera bien sûr présente, et j’espère que vos lecteurs répondront à l’appel.
NDLR : elle a été annulée par les pouvoirs publics pour des raisons de sécurité.

Propos recueillis par Jean-Pierre Bobichon

Osons, éditions Les Liens qui Libèrent, 4,90 €

Appel de Nicolas Hulot à signer sur www.fondation-nicolas-hulot.org

Nicolas Hulot (photo DR)