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Un discours sur l’état de l’Union Européenne mais pas d’actes


Situation économique, chômage des jeunes, souveraineté, situation des réfugiés sont les principaux points du discours annuel de Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, sur l'état de l'Union devant le parlement européen.

« Le travail continue pour faire de l’Union européenne imparfaite une Union toujours plus parfaite […]. Le pacte fondateur de l’Union européenne – plus jamais la guerre – reste une ardente exigence […] qui s’impose chez nous et autour de nous », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors du dernier discours de son mandat, le 12 septembre.

La paix installée durablement entre les États membres de l’Union européenne, depuis 1945, est un acquis précieux. Toutes les actions et objectifs doivent converger pour son maintien, car la paix reste fragile aux frontières de l’Union et dans le reste du monde.

12 millions d’emplois créés

Dans le domaine économique, l’Union européenne a connu une croissance ininterrompue sur 21 trimestres, 12 millions d’emplois ont été créés depuis 2014. Durant cette période, 239 millions de femmes et d’hommes ont été au travail en Europe. Le chômage des jeunes s’élève à 14,8 %, à son plus bas niveau depuis l’an 2000.

L’investissement est de retour et le fonds européen est actif. Le plan dit « Juncker » annoncé en septembre 2017 fait progressivement son œuvre. Fixé au départ à 335 milliards, il est maintenant sur une dynamique de 400 milliards.

Défendre l’accord de Paris sur le climat

Unis, les Européens sont, en tant qu’Union, devenus une force incontournable pour atteindre plusieurs objectifs, que ce soit pour « défendre l’accord de Paris sur le climat, pour définir d’une façon irrévocable notre attitude vis-à-vis des Balkans occidentaux » et pour briser le silence assourdissant « face à l’imminence d’un désastre humanitaire annoncé […]. Une Europe forte et unie permet à ses États membres de décrocher les étoiles. » Un exemple parmi d’autres, le programme européen Galileo dû notamment à la ténacité de François Lamoureux, conseiller de Jacques Delors. Aucun État membre n’aurait pu mettre sur orbite 26 satellites dont bénéficient aujourd’hui 400 millions d’utilisateurs dans le monde.

Jean-Claude Juncker poursuit : « L’heure de la souveraineté européenne a sonné. […] Cette conviction qu’unis nous sommes grands et plus forts est l’essence même de ce que veut dire faire partie de l’Union européenne. […] D’ici les élections européennes, nous devons démontrer que l’Europe peut surmonter les différences entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, la gauche et la droite. L’Europe est trop petite pour se diviser par deux, ou quatre. »

Les européens attendent l’achèvement de l’Union de la sécurité

En matière de sécurité, les peuples européens attentent l’achèvement de l’Union de la sécurité, aussi la Commission européenne propose-t-elle de nouvelles règles, comme l’extension du mandat du Parquet européen, afin d’y inclure la lutte contre tous les terroristes qui ne connaissent pas de frontières.

Pour les réfugiés, le Président rappelle que cinq des sept propositions de la Commission européenne ont été approuvées. Le nombre de réfugiés a chuté de 97% en Méditerranée orientale et de 80% par les voies de la Méditerranée centrale. L’Union européenne a contribué à sauver plus de 690 000 vies, en mer, depuis 2015. Jean-Claude Juncker réaffirme son opposition aux frontières intérieures, et « là où celles-ci ont été rétablies – unilatéralement – elles doivent être supprimées ».

D’autres propositions restent à débattre et à mettre en œuvre, comme le développement de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, l’ouverture des voies d’accès pour répondre aux besoins de migrants qualifiés, le respect de l’État de droit, partout où il est en danger, « ce n’est pas une option mais une obligation », et le président de conclure « que l’Union européenne [prend] davantage soin de sa dimension sociale. […] Transformons les intentions du sommet de Göteborg en règles de droit. »

La CES demande des actes

La Confédération européenne des syndicats (CES) l’a « exhorté à présenter des propositions sérieuses visant à restaurer la justice sociale ». Sera-t-elle entendue par des actes ? Le proche avenir nous le dira !

À nous d’intervenir, d’agir, de faire entendre notre voix syndicale et citoyenne en utilisant au mieux les élections européennes du 26 mai prochain en France.

Jean-Pierre Bobichon

« Une Europe forte et unie permet à ses États membres de décrocher les étoiles. »