Actu revendicative


Un monde durable ?


2012 n'aura pas été l'année de la fin du monde. Nous avons donc le temps de nous y préparer. À moins que notre inconscience collective ne précipite les évènements.

Notre époque est marquée par des crises en cascade mais aussi par un modèle de société basé sur la recherche effrénée de la consommation. Le bonheur serait fonction de la quantité de biens consommés avec un marqueur royal : l’évolution du PIB.

Mais les ressources de la planète sont limitées et l’accroissement brutal de la consommation au cours des dernières années est un des éléments du problème global. Si tous les Terriens voulaient vivre comme les Californiens, il faudrait multiplier par 7 la production des biens. Comment répondre à l’augmentation de la population et à sa soif de consommation ? Comment travailler à l’avènement d’un monde durable ?

Trois pistes font actuellement débat.

Première hypothèse : on aménage à la marge. La science et la technique suffiront à résoudre l’ensemble des défis auxquels l’humanité est confrontée. C’est la logique défendue notamment par les U.S. et certains scientifiques. C’est la fuite en avant. Il suffit de faire payer les dégâts occasionnés pour que tout puisse rentrer dans l’ordre. Les pollueurs doivent être les payeurs. C’est la taxe carbone.

Deuxième hypothèse : demander aux riches de faire quelques sacrifices. Mais l’accepteront-ils et à quel prix pour l’emploi ? Cette logique relève d’une certaine partition sociale. D’un côté ceux auxquels on garantit le boire et le manger avec en prime la télé, les jeux, les sports … et de l’autre ceux qui prospèreront dans la société de consommation. N’est-ce pas déjà le cas avec les bidonvilles qui jouxtent les beaux quartiers des grandes villes ?

Troisième hypothèse radicale. Le modèle n’est plus la consommation à outrance mais la pauvreté revendiquée. On se prépare un au-delà radieux. Et les pauvres deviennent des héros. Changement complet de paradigme. Ou chemin parallèle avec le développement local. On satisfait les besoins en fonction des lieux et des denrées disponibles. C’est une société d’alvéoles ayant chacune leur système de production et de consommation. Les expériences menées ici ou là ont montré leurs limites.

Nous serons 10 milliards en 2050. Où trouver les ressources ? Albert Camus s’inquiétait déjà lorsqu’il disait que « les générations précédentes éprouvaient le devoir de refaire le monde. La génération actuelle a une tâche beaucoup plus lourde qui consiste à empêcher que le monde ne se défasse ». Tâche difficile mais pas impossible si nous avons le courage de changer notre mode de penser et de vivre.

Guy Gouyet