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Une élection au retentissement européen


Toute élection dans un État membre de l’UE concerne par définition les autres membres. Elle en affecte le climat politique général.

Ainsi cette année, les élections en France mais aussi aux Pays-Bas ou en Allemagne, pour ne citer que ces échéances, auront toutes un retentissement au-delà de leurs frontières et influeront le cours de la construction européenne.

Le scrutin présidentiel est particulièrement visé. Dans notre schéma institutionnel, le président de la République est un acteur européen de premier plan. Notre pays a traditionnellement toujours misé sur le chef de l’État pour exercer son influence en Europe, en accordant un poids prépondérant au Conseil européen. Le président français y siège en personne. Il a toute latitude pour agir – ou non.

La chancelière allemande rend compte devant le Bundestag des sommets européens, avant et après leur tenue. D’autres chefs de gouvernement sont à la tête de coalitions fragiles et disposent de marges de manœuvre réduites.

Le président français, lui, a carte blanche ! La France, dans le cadre des présidences tournantes, aura aussi à présider le Conseil de l’Union européenne à la fin du prochain quinquennat. Les électeurs sont donc en droit de connaître la vision européenne des candidats.

On ne le sait que trop, cette présidentielle survient à un moment très critique de l’Europe. Plus encore, l’Europe a été lamentablement absente des débats de la primaire de la droite. Elle a servi davantage de référence pendant la primaire organisée par le PS, sans proposition véritablement fouillée. Jean-Luc Mélenchon en parle, mais sur le même ton menaçant que David Cameron : « L’Europe, elle change, ou on la quitte ». On connaît la diatribe anti-Bruxelles de Marine Le Pen.

À ce stade, le meilleur candidat reste à trouver.

Sébastien Maillard, Journaliste à La Croix,
Auteur de Qu’avons-nous fait de l’Europe ? Éd. Salvator

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