Actu revendicative


Un système mité pour un enjeu à refonder


Impôts, taxes, contributions et cotisations sociales… La fiscalité organise les ressources collectives de notre société. Un ensemble de prélèvements obligatoires permettent de financer les dépenses publiques et sociales, de soutenir les choix économiques, sociaux ou environnementaux, d'opérer des solidarités.

Encore faut-il que la fiscalité soit juste. Pas franchement redistributive, la fiscalité française fait peu de place à l’impôt dit progressif qui met plus à contribution les hauts revenus dans des objectifs de solidarité.

Le système est mité par la persistance de niches fiscales ou sociales, dont certaines sont couteuses et ne trouvent plus leur utilité. Pour la CFDT, une remise à plat est nécessaire pour que la fiscalité renoue avec des impératifs de cohésion sociale et de solidarités.

Dossier réalisé par Ombretta Frache et Daniel Druesne

Taxer les hauts revenus pour réduire les inégalités

« Les impôts sont les cotisations que nous payons pour jouir des privilèges de la participation à une société organisée » affirmait Franklin Roosevelt, en 1936. Après la crise des années trente, le président des États-Unis révolutionne véritablement l’impôt. Les très hautes rémunérations explosant, il décide de les imposer très fortement. La taxation des personnes gagnant l’équivalent d’aujourd’hui de plus d’un million de dollars passe de 25% à 63%. Pendant près de cinquante ans, l’économie américaine fonctionnera avec une imposition des très hauts revenus proche de 80%.
En France, le taux supérieur d’imposition atteindra 90 % pendant l’entre-deux-guerres, pour se stabiliser autour de 70 % pendant les Trente Glorieuses. Cela n’a pas empêché des taux de croissance économique de l’ordre de 4 % à 5 % par an tout au long de cette période.
Dans certaines situations de crise, taxer fortement les (très) hauts revenus peut être une réponse. Les économies libérales privilégient les allègements d’impôts. Pour certains observateurs, ces options fiscales expliquent la progression des inégalités sociales, avec un transfert de richesse vers les plus riches et une stagnation du pouvoir d’achat du reste de la population.